Meknès retrouve l’espoir d’une grande campagne agricole
La campagne agricole 2025-2026 s’annonce sous de bien meilleurs auspices dans la région de Fès-Meknès. Après plusieurs saisons marquées par l’irrégularité climatique, le retour significatif des précipitations, conjugué à une évolution progressive des pratiques agricoles, redonne de l’élan à l’activité rurale et ravive l’optimisme des agriculteurs.
Selon le directeur régional de l’Agriculture, Kamal Hidane, la saison en cours marque une véritable rupture avec la campagne précédente. La situation hydrique a profondément changé, créant les conditions d’une reprise productive tout en accompagnant une transformation plus structurelle des systèmes de culture.
À l’échelle régionale, le cumul pluviométrique moyen atteint 275,7 mm, contre 219 mm à la même période l’an dernier. Certaines provinces ont bénéficié d’apports nettement supérieurs, à l’image de Meknès avec 424,4 mm et d’Ifrane avec 350,5 mm. Même les zones traditionnellement plus exposées au stress hydrique, comme Boulemane, ont enregistré des précipitations notables, avec 133 mm.
Sur le terrain, ces conditions se traduisent par un état végétatif jugé encourageant. Les pluies successives ont favorisé une levée homogène des cultures semi-tardives et un tallage vigoureux des céréales précoces. Cette dynamique profite également à l’élevage, avec une nette amélioration de la biomasse fourragère, réduisant la dépendance des éleveurs aux aliments industriels et allégeant, de fait, leurs charges.
Le programme des cultures d’automne affiche, à ce stade, un taux de réalisation proche de 78 %. Sur un objectif global de 790.505 hectares, près de 618.495 hectares ont déjà été emblavés. Les céréales d’automne occupent la part la plus importante, avec 519.085 hectares semés, principalement en blé tendre. Les légumineuses alimentaires et les cultures fourragères suivent la même tendance, avec des taux d’exécution respectifs de 69 % et 82 %, assurant un socle essentiel pour l’alimentation du cheptel régional.
Au-delà de la conjoncture climatique favorable, la campagne actuelle illustre également l’accélération d’un virage stratégique vers une agriculture plus résiliente. L’adoption du semis direct s’impose désormais comme un indicateur fort de cette transition. Avec plus de 59.000 hectares cultivés selon cette technique, principalement en céréales, la région franchit un cap, faisant du semis direct un outil opérationnel à grande échelle.
Cette orientation s’accompagne d’efforts de diversification culturale, notamment à travers l’introduction du colza et des plantes aromatiques, afin de limiter les effets de la monoculture. Parallèlement, le recours à l’irrigation reste un levier de sécurisation important. Plus de 20.000 hectares de grandes cultures, dont 12.000 hectares de céréales, ont été installés en irrigué pour anticiper d’éventuels déficits hydriques au printemps.
Sur le plan de l’accompagnement, les services régionaux ont déployé un dispositif couvrant la multiplication de semences certifiées, l’accès à des intrants de qualité et le développement du maraîchage d’hiver. Près de 9.600 hectares sont ainsi consacrés aux cultures maraîchères, principalement la pomme de terre et l’oignon, afin de garantir un approvisionnement régulier des marchés.
Si les autorités agricoles restent prudentes quant aux rendements définitifs, les perspectives apparaissent encourageantes. Une pluviométrie bien répartie au printemps pourrait permettre d’atteindre des niveaux de production céréalière nettement supérieurs à la moyenne des cinq dernières années.
Au-delà des résultats agricoles attendus, cette dynamique se traduit déjà par une activité soutenue en milieu rural. Les travaux culturaux mobilisent la main-d’œuvre locale, réinjectent de la liquidité dans l’économie régionale et contribuent à stabiliser les revenus des exploitants.
Les indicateurs sont donc orientés positivement, mais la vigilance demeure de mise. Le suivi sanitaire des cultures, la gestion raisonnée de la fertilisation et l’optimisation de l’usage de l’eau restent des priorités pour transformer ce départ prometteur en une récolte durable et équilibrée.
Source de l’article : Industrie du Maroc



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