Médicaments : Le Maroc accélère ses réformes pour sécuriser l’approvisionnement national
La disponibilité, la sécurité et la qualité des médicaments ne relèvent plus d’une simple problématique technique. Elles s’imposent désormais comme un enjeu stratégique majeur de sécurité sanitaire et de confiance des citoyens. Conscient de ces défis, le Maroc a engagé une série de réformes structurelles et de mesures d’urgence visant à renforcer durablement son système d’approvisionnement pharmaceutique.
Au cœur de ce chantier figure la création de l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé, instituée par la loi n°10.22. Cette nouvelle entité est chargée de consolider la gouvernance du secteur et de renforcer la souveraineté pharmaceutique nationale. Ses missions portent notamment sur l’accélération des procédures d’autorisation et de contrôle, la garantie de la qualité et de la sécurité des médicaments, le suivi des stocks, ainsi que l’accompagnement de l’industrie nationale et de l’innovation.
Pour appuyer cette dynamique, un vaste programme de transformation numérique a été lancé. Il prévoit la digitalisation des autorisations de mise sur le marché, le suivi en temps réel des dossiers et le renforcement des dispositifs de pharmacovigilance. Objectif : instaurer une régulation pharmaceutique moderne, proactive et transparente, capable d’assurer la continuité de l’approvisionnement tout en respectant les standards de qualité et de sécurité.
Dans le même esprit, le ministère de la Santé, en coordination avec l’Agence, travaille à la révision du décret relatif à l’autorisation de mise sur le marché (AMM). Cette actualisation vise à adapter le cadre réglementaire aux exigences de la réforme en cours, à fluidifier les procédures et à prévenir les risques de rupture, sans compromis sur la sécurité des produits.
Parallèlement, les autorités préparent la mise en place d’un observatoire national des médicaments. Conçu comme un outil d’anticipation et de transparence, il aura pour mission de détecter précocement les dysfonctionnements de l’approvisionnement, de suivre l’évolution des prix et d’alimenter la décision publique par des données fiables et actualisées.
Sur le plan logistique, une plateforme nationale unifiée de distribution des médicaments et des dispositifs médicaux est en cours de déploiement. Elle reposera sur un réseau d’entrepôts régionaux interconnectés, un système de transport flexible et un système d’information intégré de gestion des stocks et de la distribution (WMS/TMS). Le déploiement de cette infrastructure, étalé sur 18 mois, devrait contribuer significativement à la réduction du gaspillage et à une meilleure équité territoriale dans l’accès aux médicaments.
À court terme, et face aux tensions conjoncturelles, le ministère a également activé des mesures urgentes dans le cadre du Plan de relance sanitaire (PRS). Elles portent sur la reconstitution du stock stratégique national, l’actualisation des seuils de stocks nécessaires et l’accélération de l’approvisionnement des établissements de santé les plus sollicités.
Concrètement, au cours des deux derniers mois, près de 7.000 palettes de médicaments et de dispositifs médicaux essentiels, représentant environ 560 tonnes, ont été acheminées vers plusieurs régions du Royaume. Une distribution ciblée a également été mise en œuvre dans le cadre de l’opération « Raya 2025–2026 » , au profit des populations des zones exposées aux vagues de froid, couvrant 31 provinces et préfectures.
Selon les autorités, ces actions ont déjà permis d’améliorer la disponibilité effective des médicaments vitaux et de réduire les risques de rupture, dans l’attente de la pleine mise en œuvre des réformes structurelles engagées. Un chantier de fond qui vise, à terme, à sécuriser durablement l’accès aux médicaments et à renforcer la résilience du système de santé national.
Source de l’article : La Vie éco



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