Mecachrome continue de réduire sa dépendance à l’automobile et prolonge un contrat avec Safran

Mecachrome continue de réduire sa dépendance à l’automobile et prolonge un contrat avec Safran

Il y a 15 ans, l’usine de Mecachrome, à Solesmes, fabriquait uniquement des pièces pour le secteur automobile. Depuis, sa spécialisation dans l’usinage de pièces mécaniques à haute exigence l’a emmenée sur de nouveaux terrains, en particulier l’aéronautique, qui représente désormais 50 % de son activité. Elle fabrique en particulier des aubes de turbine pour l’équipementier Safran, une pièce très technique placée en sortie du réacteur des avions et soumise à de fortes contraintes. L’usine sarthoise vient de fabriquer la millionième turbine basse pression en aluminure de titane (TiAl) destinée au moteur LEAP de CFM International (société répartie à parts égales entre Safran Aircraft Engines et l’américain Aerospace. N.D.L.R.). Et l’aventure continue : Le partenariat stratégique entre Mecachrome et Safran Aircraft Engine a été renouvelé jusqu’en 2034.

60 millions d’euros d’investissement

Dans les 35 500 mètres carrés d’usine de Mecachrome, à Solesmes, la moitié de l’activité est aujourd’hui consacrée à la fabrication d’aube de turbines pour le moteur LEAP développé par la société CFM International. Une histoire commencée en 2014 lorsque l’équipementier Safran, le second équipementier aéronautique mondial, a signé avec Mecachrome, à l’époque sous-traitant beaucoup tourné vers automobile, pour produire en série ce type de pièces. Le groupe basé à Blagnac, dans la périphérie de Toulouse (Haute-Garonne), a alors investi 60 millions d’euros dans son unité de production sarthoise et créé 150 emplois pour répondre à cette demande.

Les premières aubes sont sorties de l’usine en 2015. « C’est la seule pièce en série pour l’aéronautique que nous fabriquons sur le site, explique Etienne Braud, directeur de l’usine Mecachrome de Solesmes. L’autre moitié de notre activité est réalisée dans la fabrication de blocs moteur pour l’automobile, dans une gamme premium, pour des clients tels que Porsche, Ferrari ou AMG. Notre expérience dans l’automobile, dont les process sont très matures, nous sert beaucoup dans l’aéronautique. » Aussi l’entité sarthoise, qui a réalisé 81 millions de chiffre d’affaires en 2025, tient-elle à conserver une part de son activité dans le domaine de l’automobile, même si elle continue d’accélérer dans l’aéronautique, en réponse à une demande croissante, et s’oriente aussi vers la défense, à l’image du groupe Mecachrome tout entier.

650 millions d’euros de chiffre d’affaires réalisés par Mecachrome

Avec 24 sites de production dont la majorité en France mais également au Maroc, en Tunisie, au Portugal et au Canada, le groupe Mecachrome, spécialisé dans la fabrication de pièces et sous-ensembles métalliques avec une expertise dans l’usinage de grandes pièces métalliques complexes, les assemblages de haute précision et le travail de la tôle, emploie 5 000 collaborateurs, dont environ 3 000 dans l’hexagone, pour un chiffre d’affaires de 650 millions d’euros l‘an passé. « Nous visons 670 millions d’euros pour 2026, prévoit le président de Mecachrome Christian Cornille. En 2019, nous étions à moins de 300 millions d’euros. Depuis, notre progression s’est faite pour moitié par des acquisitions et pour l’autre moitié par croissance organique. » « Nous allons aussi continuer de croître dans la défense où les besoins sont importants. Nous allons d’ailleurs introduire de nouveaux clients de ce secteur dans l’usine de Solesmes » Le groupe né en région parisienne en 1937 travaille désormais à environ 80 % pour l’aéronautique. L’automobile, dans le haut de gamme et le sport, ne représente plus que 10 % de son chiffre d’affaires, tout comme le secteur de la défense. Il est aussi présent dans le secteur naval, l’énergie et le spatial. « Dans les 80 % de notre activité réalisée dans l’aéronautique, poursuit Christian Cornille, 50 % des produits concernent l’aérostructure, comme les ailes ou le fuselage, et 30 % des pièces de moteurs. Nous allons continuer de croître dans la défense où les besoins sont importants. Nous allons d’ailleurs introduire de nouveaux clients de ce secteur dans l’usine de Solesmes. » 6,5 millions d’euros d’investissement par an en Sarthe

L’usine sarthoise compte parmi les sites phares du groupe toulousain. Elle est organisée en « Focus Factory » , un process propre à Mecachrome. La pièce est fabriquée dans un flux unique, de la matière brute jusqu’au produit fini et au contrôle qualité automatisé, ce qui permet d’augmenter les volumes en garantissant une très forte traçabilité. « Chaque année, nous investissons environ 5 millions d’euros dans notre parc de machines, indique Etienne Braud, auxquels s’ajoutent environ 1,5 million d’euros de maintenance pour garder notre niveau d’excellence et garantir la stabilité de nos process. » Et surtout, le site de Solesmes a réussi son pari, en s’appuyant il y a une quinzaine d’années sur ses compétences dans l’automobile pour pivoter vers un nouveau secteur. « Dans le secteur aéronautique, complète Christian Cornille, il n’existe que deux ou trois usines comme celle-ci en France et elle est pour nous un peu pilote : Nous allons lancer une focus factory dans notre site d’Amboise, en Indre-et-Loire, à partir de ce que nous savons faire à Solesmes. » Mecachrome et Safran Aircraft Engines vont renforcer leur collaboration

Un savoir-faire confirmé par le renouvellement du partenariat stratégique avec Safran Aircraft Engines pour les 7 années à venir. « Aujourd’hui, Mecachrome est un partenaire clé de notre chaîne d’approvisionnement, grâce à son expertise sur les aubes de turbine en TiAl, essentielles à la performance du LEAP et à la compétitivité industrielle française. » , indique Stéphane Cueille, président de Safran Aircraft Engines.

Les liens étroits entre les deux entités vont au-delà du programme LEAP. Le groupe Mecachrome et Safran Aircraft Engines ont en effet confirmé qu’ils allaient renforcer leur collaboration sur des programmes civils et militaires, parmi lesquels le moteur M88 de Safran, qui équipe l’avion Rafale de Dassault Aviation. « La confiance renouvelée de Safran, à travers la prolongation de cette production au-delà de 2030, conclut Christian Cornille, conforte notre position de partenaire industriel stratégique et renforce notre contribution à la souveraineté aéronautique française et européenne. »

Source de l’article : Le Journal des Entreprises

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