Maroc-Nigeria : Brahim Diaz, le discret virtuose qui éclaire le jeu des Lions de l’Atlas de la CAN 2025

Le Nigeria est prévenu. Brahim Diaz, l’ailier marocain de 26 ans, a pris l’habitude de marquer à chaque match de cette Coupe d’Afrique des nations (CAN), dont il est le meilleur buteur avec cinq réalisations. Contre les Comores (2-0), le Mali (1-1) et la Zambie (3-0) au premier tour, puis la Tanzanie (1-0) en seizièmes de finale et le Cameroun (2-0) en quarts, l’international marocain (20 sélections, 13 buts) a trouvé le chemin des filets et grandement contribué au parcours des Lions de l’Atlas, qui affrontent les Super Eagles, mercredi soir 14 janvier, à Rabat. « Même s’il n’est évidemment pas le seul à avoir un rôle important, on peut malgré tout se demander si le Maroc serait toujours là sans lui » , s’interroge Stefano Cusin, le sélectionneur des Comores, dont l’équipe fut la première victime de l’efficacité du joueur du Real Madrid. Les Lions de l’Atlas, qui ont attendu le choc face au Cameroun, vendredi 9 janvier, pour livrer une prestation digne de leur statut de favori, doivent beaucoup à Brahim Diaz, dont l’influence ne se résume pas aux cinq buts qu’il a inscrits.

Ce joueur ambidextre, doté d’une technique individuelle largement au-dessus de la moyenne, sait aussi ne pas en rajouter. « C’est la marque des grands joueurs. Il met sa qualité technique au service du collectif et, même s’il aime réaliser de beaux gestes, il le fait toujours dans un esprit d’efficacité » , poursuit Stefano Cusin.

Au Maroc, sa popularité atteint des sommets depuis le début de la CAN. « Avant le tournoi, il y avait des interrogations, car il n’avait plus marqué avec la sélection depuis le mois de mars et ses performances n’étaient pas à la hauteur des espérances, sans doute parce qu’il joue peu au Real Madrid et était en manque de rythme et de confiance, mais il les a totalement dissipées depuis le début de la compétition. Et les gens apprécient son humilité et sa discrétion » , constate Nassim El Kerf, journaliste à Radio Mars. « La clé du succès » Brahim Diaz, né à Malaga d’une mère espagnole et d’un père marocain, a disputé son premier match avec les Lions de l’Atlas le 22 mars 2024 à Agadir contre l’Angola (1-0). Auparavant, l’ailier avait porté les couleurs de l’Espagne dans les catégories de jeunes, ainsi qu’avec la Roja, à l’occasion d’un match amical remporté contre la Lituanie en juin 2021 (4-0), durant lequel il avait marqué un but. Mais le Maroc avait commencé à s’intéresser à lui bien avant qu’il ne décide de changer de nationalité sportive.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés CAN 2025 : le football marocain face à son histoire « Quand j’étais directeur technique de la fédération marocaine [2014-2019], Diaz faisait partie des binationaux que nous suivions mais il jouait pour l’Espagne et il fallait respecter son choix » , rappelle Nasser Larguet, qui occupe désormais la même fonction en Arabie saoudite. Hervé Renard puis Vahid Halilhodzic, les deux prédécesseurs de Walid Regragui au poste de sélectionneur, avaient ainsi approché le joueur, lequel affirmait encore sa volonté de disputer la Coupe du monde 2022 au Qatar avec l’Espagne.

Mais Fouzi Lekjaa, le président de la fédération marocaine, n’a jamais abandonné l’idée de convaincre ce joueur qu’il apprécie tout particulièrement de porter le maillot des Lions de l’Atlas, bien aidé dans sa démarche par Walid Regragui et par le capitaine Achraf Hakimi, lui aussi né en Espagne. « Brahim Diaz est totalement intégré dans cette équipe, où il apporte de la fraîcheur, conclut Nasser Larguet. Sans oublier le reste de l’effectif et le staff technique, il est la clé du succès actuel du Maroc lors de cette CAN, où il marque et fait marquer. »

Source de l’article : Le Monde.fr