Maroc : « J’espère gagner la CAN la plus relevée de l’histoire » , lance Walid Regragui
Le coach des Lions de l’Atlas a bouclé le petit exercice des prises de parole ce mardi. Dans la foulée de son homologue Éric Chelle, Walid Regragui a, devant une audience de plus en plus nombreuse, redit son ambition d’être présent dimanche en finale de la CAN aux dépens d’une équipe du Nigeria qu’il sait pourtant redoutable et impressionnante. « C’est notre match, mais c’est aussi le vôtre, a-t-il déclaré à l’endroit du public marocain. Vous êtes notre douzième homme, mercredi soir, vous ne devrez plus avoir de voix » , a-t-il conclu après avoir transmis ses condoléances à la famille de Rolland Courbis, son ancien entraîneur à Ajaccio, décédé lundi. Un coach qui l’a beaucoup conseillé dans son parcours et à qui il aimerait sans doute rendre aussi hommage en emmenant le Maroc en finale de la CAN. « Cela fait longtemps que le Maroc n’a pas participé à une demi-finale de CAN, a expliqué Regragui. On est content de le remettre dans le dernier carré, face à une des meilleures équipes du continent. Ça va être un gros choc, comme une finale. C’est bien pour le spectacle, bien pour l’Afrique, on espère être à la hauteur de l’événement et se qualifier pour la finale » , a-t-il assuré avant de répondre aux questions.
Quel est l’état de vos troupes avant cette demi-finale ?
WALID REGRAGUI. Au niveau des blessés, on a une bonne nouvelle : Ounahi pourra jouer demain. Non, je rigole (éclats de rire dans l’assistance). Romain Saïss en revanche, revient bien, il s’entraîne. On verra s’il peut jouer. Tout le monde peut postuler dans le groupe à part Azzedine Ounahi.
Votre CAN a-t-elle vraiment commencé en quart face au Cameroun (2-0) ?
Non, on pourrait croire qu’on est monté en puissance à ce moment-là. Mais dans les premiers tours, il y a des essais, des joueurs à remettre en forme… Ce sont des matchs où on prend des risques contrôlés. La prestation contre le Cameroun nous a en revanche rassurés physiquement. Mais quand on joue un quart de finale, le degré de motivation est au top et oblige à monter les critères d’exigence. Quad on joue un adversaire de moindre réputation les gens ont l’impression qu’on en a laissé sous le pied. Ce n’est pas le cas. Mais là on est bien, on confirme ce qu’on fait depuis plusieurs années.
Que pensez-vous des polémiques autour de l’arbitrage ?
C’est dommage d’aller sur ce chemin-là. On travaille bien mais on veut faire croire qu’il y a des matchs qui se gagnent comme ça. Il ne faut pas se mentir, il y a toujours eu des doutes là-dessus en Afrique. Mais vous, les journalistes, devez faire votre travail. Des polémiques sur des pénaltys non sifflés, il y en a partout et tout le temps, ici comme en Europe. Surtout il ne faut pas oublier de dire que nous aussi, on a été lésés sur des pénaltys non sifflés. Quand El Khannouss est poussé dans la surface personne ne dit qu’il y a pénalty, quand Saïbari prend un coup de poing au visage du gardien du Cameroun il y a pénalty aussi… Et pourtant, jamais vous ne m’avez entendu parler de l’arbitrage. Moi, je pars du principe qu’on avance et qu’il faut aider l’arbitrage, sans avoir la sensation d’être lésé. Je dirai toujours à mes joueurs de ne pas parler là-dessus, même si je pense qu’on fait partie des équipes les plus lésés dans la compétition.
Comment vivez-vous les critiques qui vous ont suivi avant cette CAN ?
C’est une très bonne question. Je me bats pour mon pays. Les critiques je ne les écoute pas. On a que quatre défaites en trois ans et demi. Normalement personne ne devrait parler, mais au Maroc c’est différent. Il faut accepter cela. « C’est la meilleure pub qu’on pouvait avoir pour le foot africain » Comment allez-vous gérer la bataille du milieu ?
L’absence de Wilfrid Ndidi je ne vais pas dire va nous aider car ils ont d’autres joueurs de qualité. L’important de toute façon, c’est que rien ne tourne autour d’un seul joueur. Ce dont il faudra se souvenir c’est qu’en termes d’impact, on ne pourra pas se permettre de refaire nos 20 mauvaises minutes contre la Tanzanie, voire même les 15 de baisse de régime contre le Cameroun, sinon on sera punis. Ça va encore être un bon test. Pour nous, mais pour eux aussi car ils ne sont pas encore tombés contre une équipe d’une qualité équivalente à la nôtre.
Le tableau des demi-finales confirme-t-il que cette CAN est la plus relevée de l’histoire ?
Quand j’ai dit cela au début de la compétition, j’ai entendu dire que je me cherchais déjà des excuses en cas de défaite. J’espère que je vais gagner une des CAN les plus relevées de l’histoire. Il y a de bons stades, de bonnes conditions, on a Salah, Mané, Hakimi, Lookman, Osimhen qui sont tous Ballon d’or… Le Nigeria est pour la 17e fois en demi-finale, le Sénégal est une des meilleures équipes d’Afrique et nous, on se bat pour le devenir. C’est la meilleure pub qu’on pouvait avoir pour le foot africain. Est-ce la plus relevée de l’histoire ? Pour moi oui. Après il est sûr que les conditions sont aussi meilleures que lors des précédentes et que c’est plus facile de jouer dans ces conditions que sous 80 % d’humidité sur une pelouse moyenne. Dorénavant, on aura de moins en moins de surprises, de plus en plus de chocs, on pourra vendre les droits plus chers. Moi qui suis pro africain, je suis ravi de ce constat.
Être soutenu par un tel public est un avantage mais êtes-vous conscient que si vous ne passez pas, vous allez perdre votre job ?
(Sourire en coin) Oui, bien sûr, mais je ne suis pas le seul à être dans ce cas-là. Tous les coachs savent qu’ils peuvent perdre leur boulot. Mais ce n’est pas mon état d’esprit, moi je veux aider mon pays. Je n’ai pas peur de ça, si c’était le cas, je ne ferais pas ce job. Quant au public, il rend ton adversaire différent. Quand tu joues au Maroc, ce stade est difficile pour tous les adversaires. Les fans marocains font leur maximum pour montrer que gagner ici est très difficile. « Je vous l’annonce, Hakimi va être énorme physiquement et techniquement » Vous êtes le premier coach à mener une sélection marocaine en demi-finale d’un Mondial puis d’une CAN. Votre objectif, personnellement, est-il de marquer l’histoire ?
Ce sont les titres qui marquent l’histoire. On a fait une série de 19 victoires consécutives ce qui est un record mondial, on est invaincus dans les qualifications de la Coupe monde et de la CAN, on met deux buts de moyenne par match… Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Mais mon objectif n’est pas de dire j’ai fait ceci ou cela, c’est de ramener le trophée. Il nous reste deux matchs. On prend le Nigeria qui est une des meilleures équipes d’Afrique Ce qui m’importe c’est de gagner. On a un des matchs les plus importants de l’histoire à jouer. C’était une surprise en Coupe du monde, là on est à notre place. L’objectif est d’entrer dans l’histoire, qu’une génération voit le Maroc en finale.
En raison de sa blessure Achraf Hakimi a commencé sa compétition plus tard que les autres. Qu’en attendez-vous désormais pour les deux matchs et les cinq jours qu’il reste ?
Il monte en puissance. C’était impossible qu’il soit à 100 % contre la Zambie. Il a fait 90 minutes contre la Tanzanie, il fallait qu’il passe la barrière psychologique de l’après blessure. Contre le Cameroun il a fait un match solide. Il monte en puissance. Pourtant, il a été grippé, on a eu une crainte de blessure musculaire car le virus l’avait fragilisé. Mais il a tenu, ça montre le joueur qu’il est. Quand tu es coach et que tu as un joueur comme lui, tu es content. Demain, je vous l’annonce, il va être énorme physiquement et techniquement. Il va aider cette équipe. On a un rêve et Achraf, c’est le porteur de ce rêve.
Source de l’article : Le Parisien



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