Maroc/États-Unis : un déséquilibre persistant après vingt ans de libre-échange

Contrairement à d’autres pays africains, le Maroc a privilégié le bilatéral dans ses rapports économiques avec les États-Unis. L’Accord de libre-échange bilatéral avec le pays de l’Oncle Sam, signé en 2004 et entré en vigueur en 2006, incarnait ce choix du Royaume. Mais, vingt ans plus tard, un constat sans détour s’impose : cet accord n’a pas permis de corriger le déséquilibre structurel des échanges entre les deux pays. C’est la conclusion du think tank américain Brookings Institution, formulée dans une analyse signée par deux experts de cet organisme : Zuzana Brixiova Schwidrowski et Etayibtalnam Koudjom.

Selon cette analyse, l’accord Maroc/États-Unis devait faire du Royaume une plateforme régionale, diversifier ses exportations, y attirer l’investissement américain et, partant, stimuler l’emploi dans le pays. Sur le papier, l’architecture de l’accord était complète : biens, services, investissements, propriété intellectuelle. Mais, dans les faits, la dynamique commerciale s’est pratiquement installée à sens unique. Le graphique associé à l’analyse de Brookings est, à cet égard, explicite. Depuis la fin des années 1990, et plus encore après l’entrée en vigueur de l’accord, les importations marocaines en provenance des États-Unis progressent rapidement. Les exportations, elles, suivent une trajectoire nettement plus modérée. L’écart ne se résorbe jamais. Il s’élargit.

Source de l’article : Le Matin.ma