L’usine Lisi Automotive ferme ses portes en France : le Maroc parmi les grands bénéficiaires
Réunis autour d’un feu de palettes, les ouvriers en grève peinent encore à réaliser la disparition prochaine de leur outil de travail. « Cela a été tellement brutal et violent, on ne s’attendait pas à ça… » , confient-ils au journal Le Parisien, marqués par une annonce qu’ils qualifient de « sauvage » .
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Depuis 1958, cette usine était une référence dans la fabrication de pièces de fixation pour les géants de l’automobile comme Renault, Stellantis ou Mercedes. Spécialisé dans les pièces à clipper, le site du Val-d’Oise disposait d’un savoir-faire unique, au point que ses propres équipes avaient été sollicitées pour former les recrues de la nouvelle usine de Tanger, au Maroc. Un ouvrier s’indigne de ce retour de bâton : « Tout a été développé ici, c’est nous les têtes pensantes ! Et maintenant ils vont exporter notre production ! » .
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La direction du groupe justifie ce sacrifice par une « crise structurelle du marché de l’automobile » et une envolée des coûts de l’énergie. Pour Vincent Quinaux, directeur général de la branche, le constat est sans appel : « Le site n’est pas compétitif. » L’entreprise prévoit de transférer la production vers ses usines en Allemagne, en Hongrie et au Maroc pour répondre à la pression des constructeurs qui exigent des prix toujours plus bas.
Le démantèlement se fera en deux étapes : la production de plastique s’arrêtera cet été, suivie par celle du métal en octobre. Si le groupe promet des reclassements internes, notamment dans sa division aéronautique, ils impliquent une mobilité géographique vers Bordeaux, Toulouse ou Troyes, loin de la région parisienne. Pour les 135 ouvriers concernés, l’avenir s’annonce incertain et douloureux.
Actuellement, les salariés n’entendent pas reprendre le travail avant le début des négociations prévu pour le 28 janvier. Ils dénoncent une stratégie de stock dissimulée, affirmant qu’on leur a demandé de travailler pendant les fêtes de fin d’année sous prétexte de commandes urgentes. « Même le 31 j’étais là » , soupire un régleur qui n’a toujours pas trouvé la force d’annoncer la nouvelle à ses proches. Le bras de fer avec la direction ne fait que commencer.
Source de l’article : Bladi.net



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