L’UMT dénonce une rentrée sociale sans substance
La centrale syndicale fustige l’inaction de l’Exécutif sur le dialogue social, déplore l’érosion du pouvoir d’achat et alerte sur la montée des tensions sociales. Elle appelle à une reprise sérieuse de la concertation et au respect des engagements pris envers les partenaires sociaux.
L’Union marocaine du travail (UMT) hausse le ton face à ce qu’elle considère comme une impasse sociale préoccupante. Réunie le 20 janvier 2026 à Casablanca sous la présidence de son secrétaire général, Miloudi Moukharik, la centrale syndicale dénonce, dans un communiqué, une situation économique et sociale qu’elle juge dégradée, et met directement en cause la responsabilité du gouvernement dans « le gel prolongé » du dialogue social.
Au cœur des critiques formulées par l’UMT figure la paralysie des mécanismes de concertation institutionnelle avec les partenaires sociaux. La centrale reproche à l’Exécutif une approche qu’elle qualifie de défaillante et attentiste, ayant conduit à figer le dialogue social, au point de vider la rentrée sociale 2025-2026 de toute portée concrète. Cette séquence est jugée « sans substance » et décevante au regard des attentes exprimées par la classe ouvrière.
L’UMT souligne en particulier que le gouvernement n’a pas respecté ses engagements en ne tenant pas la session de septembre 2025 du dialogue social. Cette réunion devait notamment permettre l’examen du projet de loi de finances avec les centrales syndicales, conformément aux principes de la concertation sociale institutionnalisée. Pour la centrale, l’adoption d’un budget ne répondant pas aux attentes minimales des salariés illustre un déficit de dialogue et une marginalisation persistante des partenaires sociaux dans l’élaboration des politiques publiques.
Au-delà de la méthode, l’UMT inscrit ses critiques dans un contexte socio-économique plus large qu’elle décrit comme marqué par une montée du malaise social. Elle relève une détérioration continue du pouvoir d’achat des salariés, sous l’effet combiné de la flambée des prix des produits de base et des services, des pratiques de spéculation, ainsi que d’un désengagement progressif de l’État de ses responsabilités sociales. Cette situation, selon la centrale, alimente un climat d’inquiétude et de frustration dans de larges pans de la société.
La centrale syndicale attire également l’attention sur ce qu’elle considère comme une recrudescence des atteintes aux libertés syndicales. Elle évoque des licenciements et des représailles visant des travailleurs et leurs représentants dans plusieurs secteurs. Parmi les cas cités figure celui de représentants syndicaux au sein de l’entreprise SEWS CABIND à Berrechid, présenté comme emblématique d’un climat de pression croissante sur l’action syndicale.
Sur le plan revendicatif, l’UMT réaffirme ses principales priorités sociales. Elle réclame une augmentation générale des salaires et du salaire minimum, une revalorisation des pensions de retraite, la poursuite de l’allègement fiscal sur les revenus du travail et une hausse des allocations familiales. Elle rejette par ailleurs toute réforme des retraites fondée sur des logiques strictement comptables ou paramétriques, qu’elle estime contraires aux droits acquis des travailleurs.
La centrale critique aussi la loi encadrant le droit de grève, qu’elle considère comme attentatoire aux libertés syndicales. Selon elle, ce texte facilite les licenciements et la répression syndicale, contribuant à un climat de tension et d’insécurité dans le monde du travail.
Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc



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