l’UE classe le Maroc parmi les pays d’origine sûrs
L’Union européenne s’est accordée sur une liste commune de pays d’origine dits « sûrs » dans le cadre de la réforme de sa politique d’asile. Le Maroc figure parmi les États concernés. Cette classification vise avant tout à harmoniser les procédures au sein de l’UE et à rationaliser le traitement des demandes, dans un contexte de fortes pressions migratoires sur plusieurs États membres.
Le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne se sont accordés sur la création d’une liste commune de pays d’origine dits “sûrs” en matière d’asile. Le Maroc figure parmi les sept États retenus, aux côtés du Bangladesh, de la Colombie, de l’Égypte, de l’Inde, du Kosovo et de la Tunisie. Cette liste s’inscrit dans le cadre du Pacte européen sur la migration et l’asile adopté en 2024 et dont l’application est prévue à partir de juin 2026.
Pour les ressortissants marocains déposant une demande d’asile dans l’Union européenne, cette classification se traduira par un traitement accéléré des dossiers, sur la base d’une présomption selon laquelle le pays d’origine ne présente pas de risques de persécution ou d’atteintes graves aux droits fondamentaux. Les demandeurs conserveront toutefois la possibilité de faire valoir des éléments individuels justifiant un examen approfondi.
Du côté européen, la mise en place d’une liste unique vise à harmoniser les pratiques entre États membres et à réduire les écarts observés jusqu’à présent dans l’examen des demandes. Jusqu’ici, chaque pays de l’UE disposait de sa propre liste nationale, ce qui entraînait des différences notables de traitement pour des situations comparables. Bruxelles entend également concentrer les moyens administratifs sur les dossiers considérés comme relevant clairement de la protection internationale.
La présence du Maroc sur cette liste comporte une dimension politique. Elle traduit l’appréciation, au niveau européen, d’un cadre institutionnel et sécuritaire jugé stable, dans un contexte régional marqué par de fortes pressions migratoires. Elle s’inscrit aussi dans une relation de coopération étroite entre Rabat et Bruxelles sur les questions migratoires, notamment en matière de contrôle des flux, de lutte contre les réseaux de trafic et de gestion des frontières.
Sur le plan opérationnel, cette classification pourrait entraîner une augmentation des décisions rapides de rejet pour les demandes jugées infondées, suivies de mesures de retour plus systématiques. Les autorités européennes soulignent néanmoins que le principe de l’examen individuel demeure une obligation, conformément au droit européen et aux engagements internationaux.
L’accord prévoit par ailleurs un mécanisme de suivi. La Commission européenne devra évaluer régulièrement la situation dans les pays figurant sur la liste et pourra suspendre la désignation en cas d’évolution significative, qu’il s’agisse de violences généralisées, de conflits localisés ou d’atteintes graves aux libertés fondamentales. Les États membres conserveront également la possibilité d’établir des listes nationales complémentaires, à l’exception des pays suspendus au niveau européen.
Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc



Laisser un commentaire