l’UE acte un choix stratégique
L’Union européenne a adopté une position collective inédite en faveur de l’initiative d’autonomie comme solution au différend autour du Sahara marocain. Ce consensus des 27 États membres marque un tournant politique majeur, mettant fin aux ambiguïtés passées et ouvrant la voie à une consolidation stratégique du partenariat euro-marocain, tant sur les plans diplomatique qu’économique et sécuritaire.
L’adoption par l’Union européenne d’une position collective reconnaissant la pertinence du plan d’autonomie comme solution au différend autour du Sahara marocain constitue une rupture politique majeure dans l’histoire des relations euro-marocaines. Pour le politologue Mustapha Tossa, invité du journal télévisé de 21h sur Al Oula, cette évolution marque une « transition qualitative et sans précédent » dans l’approche européenne du dossier.
Selon l’analyste, le caractère inédit de cette position tient d’abord à sa dimension collective. Alors que, par le passé, plusieurs États membres exprimaient individuellement leur soutien à la marocanité du Sahara, c’est la première fois que les vingt-sept pays de l’Union européenne adoptent une position commune et assumée. Ce consensus, souligne-t-il, constitue en soi un acquis diplomatique majeur pour le Maroc, fruit d’un travail de longue haleine.
Mustapha Tossa explique cette inflexion par une évolution de la conviction européenne. Les États membres, affirme-t-il, sont parvenus à la conclusion que le Sahara est marocain et qu’il convient, dès lors, de traiter le Royaume comme un partenaire économique et stratégique à part entière, sans ambiguïté sur les fondements territoriaux de cette relation. Cette convergence a également été renforcée, selon lui, par le dernier positionnement onusien, validé à New York par la résolution 2797 du Conseil de sécurité, qui a pesé positivement sur les choix européens.
Au-delà de la symbolique politique, le politologue insiste sur les retombées concrètes de cette nouvelle posture. Elle permet, dit-il, de consolider et de « sanctuariser » une relation qu’il qualifie de précieuse entre le Maroc et l’Union européenne, tout en fermant la voie aux acteurs hostiles qui tentent d’exploiter les zones grises pour fragiliser ce partenariat.
Inscrivant ce développement dans la dynamique internationale impulsée par le Roi Mohammed VI en faveur de la marocanité du Sahara, Mustapha Tossa estime que ce positionnement européen ouvre la voie à une phase nouvelle de coopération stratégique, à la fois économique et sécuritaire. L’Union européenne considère désormais le Maroc comme un acteur régional central, une porte d’entrée vers l’Afrique et ses marchés, ce qui confère à ce rapprochement une portée structurelle.
Enfin, l’analyste souligne la dimension géopolitique régionale du message européen. En mettant fin à une période de flou entretenu par certains, l’Union européenne envoie, selon lui, un signal clair appelant à des positions responsables, alignées sur la légalité internationale. Ce message pourrait également, ajoute-t-il, influencer certains équilibres au sein de l’Union africaine, notamment sur la question de la présence de l’entité séparatiste, dont l’existence continue de peser sur les relations de l’Afrique avec ses partenaires internationaux.
Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc



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