Louis Gasset, entraîneur respecté, décède à l’âge de 72 ans

Enfant de La Paillade, où il joua quasiment toute sa carrière, puis entraîneur emblématique, Jean-Louis Gasset est mort vendredi à l’âge de 72 ans, le président de la Fédération rendant hommage à un « grand serviteur » du football français.

Passionné de football et du club de Montpellier, co-fondé en 1974 par son père Bernard et par Louis Nicollin, Jean-Louis Gasset fut aussi un adjoint indissociable de Laurent Blanc – qu’il avait vu éclore comme joueur à La Paillade – à Bordeaux, au PSG et en équipe de France, où le duo eut pour mission de soigner les Bleus après le naufrage de Knysna au Mondial 2010. « Le football français perd aujourd’hui l’un de ses grands serviteurs, a salué dans un communiqué le président de la FFF, Philippe Diallo. Au-delà du technicien reconnu et respecté, c’était un véritable amoureux du football, profondément humain, inspirant et engagé. » Mais Jean-Louis Gasset rime en premier lieu avec Montpellier, sa ville natale, et son club de cœur, La Paillade, où le milieu de terrain joua quasiment toute sa carrière, de 1975 à 1985, le portant de la DH à la D1. Et où il entraîna plusieurs fois, venant à la rescousse à la demande express de « Loulou » Nicollin et de son fils Laurent. « Enfant du club, il a marqué tous ceux qui l’ont croisé par son professionnalisme, sa gentillesse et sa soif de transmission » , a réagi vendredi le MHSC, soulignant avoir « perdu l’une de ses figures emblématiques » . « Notre tristesse est immense lorsque l’on se rappelle de son sourire, de sa voix inimitable et de son sens aiguisé de la formule » , a ajouté le club héraultais.

Le club de Montpellier, aujourd’hui en Ligue 2, n’a pas communiqué la cause du décès.

Un passage marquant à Marseille

Jean-Louis Gasset était apparu las ces dernières années. Notamment à l’Olympique de Marseille, en 2024, en remplacement de Gennaro Gattuso, où ses qualités humaines et techniques ont laissé un bon souvenir durant une période compliquée comme l’OM sait en fabriquer. « Le club perd aujourd’hui bien plus qu’un entraîneur: il perd un homme de football respecté, un technicien d’expérience, et une figure profondément attachée aux valeurs humaines de ce sport » , a ainsi souligné l’OM, où « il a su apporter son calme, son sens de l’équilibre et son regard avisé » , et où il était effectivement « apprécié des joueurs comme des dirigeants » . « Les mots sont faibles face à la peine que je ressens. Tu faisais partie de ces personnes rares que l’on rencontre dans le football… Repose en paix Papi » , a abondé l’ex joueur olympien, Amine Harit.

Ce sentiment de lassitude avait paru encore plus fort lors de son ultime passage à la tête de Montpellier, la saison dernière, alors que sa « Paillade » s’enfonçait vers la Ligue 2. « On n’est plus le club atypique, familial qui essaie de lutter. Je le sens et il y a tout qui s’en va… » , avait commenté Gasset avant de se retirer sur la pointe des pieds en recommandant de nommer comme successeur Zoumana Camara, côtoyé au PSG.

Longtemps associé à Laurent Blanc

Car c’est comme adjoint de Laurent Blanc, notamment à Paris, que Jean-Louis Gasset a principalement connu le succès. À Bordeaux, tout d’abord, le duo décrocha le titre de champion de France en 2009, avec Yoann Gourcuff à la baguette. Comme sélectionneur adjoint de l’équipe de France ensuite, de 2010 à 2012, il aida surtout le « Président » à soigner les bleus de « l’après Knysna » , jusqu’à un Euro 2012 mitigé.

Puis le binôme débarqua dans la capitale pour prendre en main le PSG version qatarie durant trois saisons, de 2013 à 2016, de quoi étoffer leur palmarès (trois titres de champion de France, deux Coupes de France notamment), même si la Ligue des champions se refusa à eux. « La famille Paris Saint-Germain et le football français sont en deuil » , a réagi sur son compte X le champion d’Europe.

Jean-Louis Gasset connut sa propre expérience de sélectionneur, avec le Côte d’Ivoire, à partir de 2022. Un mandat plutôt convaincant mais qui se termina d’une bien étrange manière, par une démission, en janvier 2024, en pleine CAN à domicile, après un début de parcours raté. L’électrochoc fonctionna à plein régime, son adjoint Emerse Faé conduisant les Eléphants jusqu’à un sacre insensé.

Le décès de Jean-Louis Gasset intervient d’ailleurs alors que les Ivoiriens viennent de remettre leur couronne en jeu dans le cadre de la CAN 2025 au Maroc. « L’homme à la casquette » « restera une des figures marquantes de la victoire de la CAN 2024 » , a souligné vendredi la fédération ivoirienne.

Au cours de sa carrière d’entraîneur, Jean-Louis Gasset a notamment croisé six Suisses: le latéral zurichois Saidy Janko et le défenseur central valaisan Léo Lacroix à Saint-Étienne (2017-2018), le latéral argovien Loris Benito à Bordeaux (2020-2021), le latéral genevois Ulisses Garcia à Marseille (2023-2024) et, la saison dernière, le milieu de terrain vaudois Gabriel Barès ainsi que le défenseur genevois Becir Omeragic.

Source de l’article : Le Matin