L’Italie peut-elle transformer ses ambitions africaines en projets concrets ?

Deux ans après la rencontre inaugurale tenue à Rome, Giorgia Meloni prend part à une nouvelle édition du sommet Italie-Afrique, organisée cette fois en Éthiopie. La cheffe du gouvernement italien entend mettre en avant les avancées du « plan Mattei » affirmant la volonté de l’Italie d’inscrire sa stratégie dans des projets concrets et un partenariat renouvelé avec le continent.

À la veille de la 39e session ordinaire de l’Union africaine, Giorgia Meloni effectue un déplacement à Addis-Abeba où se tient, ce vendredi 13 février, le deuxième Sommet Afrique-Italie. Cette nouvelle étape diplomatique marque un moment clé dans la consolidation du « plan Mattei » , présenté par Rome comme l’ossature de sa nouvelle stratégie de coopération avec le continent africain, dotée d’une enveloppe de plus de 5 milliards d’euros sur trois ans pour financer des projets dans 14 pays.

Selon des experts, la présence de Giorgia Meloni dans la capitale éthiopienne intervient dans un contexte particulier où l’Italie cherche à redéfinir sa posture africaine en articulant coopération économique, investissements sectoriels et gestion des flux migratoires.

Selon les observateurs, les travaux du sommet, organisés à Addis-Abeba en fin de journée, rassemblent un nombre encore indéterminé de chefs d’État et de gouvernement africains. Ce format diplomatique resserré n’en demeure pas moins hautement symbolique, puisqu’il s’agit de la première édition de cette rencontre tenue sur le continent africain.

Des projets concrets et une stratégie renforcée

Selon une déclaration accordée à RFI, Giovanni Carbone, directeur du département Afrique à l’Institut italien d’études politiques internationales, affirme que « de nombreux projets ont démarré grâce aux financements du plan Mattei » . Il précise que « l’idée était d’investir dans des projets qui peuvent être facilement mis en œuvre » en soulignant que « les deux secteurs principaux sont l’agriculture et l’éducation » tout en indiquant qu’ « il y a aussi de nombreux projets dans l’énergie » .

Giovanni Carbone ajoute que l’analyse de Riccardo Fabiani, directeur Afrique du Nord pour l’International Crisis Group, permet de mesurer l’évolution de la diplomatie italienne sur le continent. Il estime qu’ « il y a un véritable effort de stratégie, d’engagement avec l’Afrique, qui est plutôt sans précédent de la part de l’Italie » en précisant que cette démarche repose sur « un plan d’investissement et de développement avec les pays de l’Afrique subsaharienne et de l’Afrique du Nord » .

L’expert considère que l’Italie cherche « à aller au-delà de l’approche traditionnelle de la politique étrangère des pays européens à l’égard de l’Afrique » qui était souvent centrée sur « l’idée de contenir la migration sans vraiment comprendre les phénomènes socio-économiques qui en sont à l’origine » .

Riccardo Fabiani explique que Rome tente désormais « d’aborder la question de la migration comme une question de développement et d’investissement pour bâtir une relation d’égal à égal avec les gouvernements africains » .

Cette approche se traduit par une mobilisation des grandes entreprises italiennes présentes en Afrique, notamment dans les secteurs de l’énergie, de la construction, de l’agriculture et des infrastructures.

Invitée d’honneur des travaux de l’Union africaine, la cheffe du gouvernement italien entend donner à cette visite une portée politique qui dépasse le cadre bilatéral pour s’inscrire dans une relation renouvelée avec l’ensemble du continent.

Source de l’article : Maroc Diplomatique

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