Les réserves des barrages du Maroc gagnent près de 3 milliards de m³ en un an

La comparaison des réserves des barrages au 12 janvier 2026 avec l’année précédente met en évidence une progression très nette des ressources hydriques. À la même date en 2025, les volumes stockés étaient sensiblement inférieurs. Ainsi, les réserves d’eau ont augmenté de 61,8%, soit 2.947,8 millions de mètres cubes supplémentaires, sous l’effet des apports pluviométriques enregistrés ces dernières semaines dans l’ensemble des bassins du Royaume.

Bassin du Bouregreg : un niveau proche de la saturation

Avec un taux de remplissage de 94,9%, le bassin du Bouregreg figure parmi les mieux lotis à l’échelle nationale. Les apports récents ont permis de consolider des réserves déjà élevées, assurant une situation confortable pour l’alimentation en eau potable de l’axe Rabat-Casablanca.

Loukkos : des retenues largement reconstituées

Le Loukkos affiche un taux de 62,8%, porté par des barrages pour la plupart à pleine capacité. Cette dynamique confirme le rôle clé de ce bassin dans l’approvisionnement du nord du pays, aussi bien pour l’eau potable que pour l’agriculture irriguée.

Sebou : principal contributeur aux réserves nationales

Avec plus de 3 milliards de m³ stockés et un taux de 54,8%, le Sebou demeure le premier réservoir hydrique du Royaume. La progression observée renforce la disponibilité de la ressource dans un bassin stratégique, fortement sollicité par les usages agricoles et urbains.

Tensift et Guir-Ziz-Rhéris : une amélioration marquée dans des contextes contrastés

Le bassin du Tensift atteint 71,3% de remplissage, traduisant une recharge significative de ses retenues, notamment dans la région d’Al Haouz, longtemps confrontée à un stress hydrique aigu.

Dans le Guir-Ziz-Rhéris, le taux s’établit à 56,9%, soutenu principalement par le barrage Hassan Addakhil. Dans le Sud-Est, cette amélioration constitue un apport stratégique pour une zone structurellement exposée à l’aridité.

Moulouya : une recharge progressive mais encore incomplète

Le bassin de la Moulouya présente un taux de remplissage de 37,6%. Si certains ouvrages ont fortement bénéficié des apports récents, la situation globale reste intermédiaire et dépendante de la poursuite des précipitations.

Bassin du Souss-Massa : une amélioration sensible, mais des tensions persistantes

Avec 49,4% de remplissage, le Souss-Massa enregistre une progression notable. Plusieurs barrages sont à des niveaux élevés, sans toutefois suffire à résorber les déséquilibres structurels d’un bassin soumis à une forte demande agricole et urbaine.

Oum Er-Rbia et Drâa-Oued Noun : des niveaux encore limités malgré les apports

Le bassin de l’Oum Er-Rbia reste l’un des plus fragiles, avec un taux de remplissage limité à 20,8%. Malgré l’amélioration observée sur certains ouvrages, les grands barrages structurants demeurent à des niveaux bas, notamment Al Massira (8%).

Dans le Drâa-Oued Noun, le taux atteint 29,8%, traduisant une progression mesurée dans un contexte climatique aride et une dépendance accrue à des apports irréguliers.

Si la dynamique actuelle apporte un répit bienvenu, elle ne saurait à elle seule dissiper l’ensemble des tensions liées aux ressources en eau. La progression des réserves, aussi significative soit-elle, reste étroitement tributaire de la poursuite des apports pluviométriques et d’une gestion rigoureuse, dans un contexte marqué par la variabilité climatique et la pression croissante sur les usages.

Source de l’article : Le Matin.ma