Les pharmaciens rejettent l’ouverture du capital et menacent de faire grève
Le ton monte dans le secteur pharmaceutique. Réuni en session extraordinaire, au cours de cette semaine, le conseil national de la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc (CSPM) a annoncé son rejet « catégorique et absolu » des propositions du Conseil de la concurrence visant à ouvrir le capital des pharmacies et à libéraliser les horaires de travail, des mesures recommandées notamment dans le cadre des discussions autour de la concurrence. Dans un communiqué adressé à l’opinion publique, la CSPM alerte sur les « développements dangereux » que pourraient entraîner ces orientations pour l’avenir de la profession et pour la sécurité sanitaire nationale.
Un refus ferme de la libéralisation du capital
Au cœur de la contestation : la perspective d’ouvrir les officines à des capitaux financiers extérieurs. Pour la Confédération, une telle réforme servirait « des intérêts puissants et des lobbies financiers aux aguets » , au détriment du pharmacien et du citoyen. La CSPM rappelle que la pharmacie n’est pas un simple commerce, mais un établissement de santé soumis à des considérations éthiques, professionnelles et légales strictes. Toute atteinte à l’indépendance du pharmacien constituerait, selon elle, une menace directe pour la santé des citoyens et pour l’équilibre du système sanitaire national. Dans cette logique, l’organisation estime que transformer les pharmacies en structures dominées par des investisseurs reviendrait à subordonner la dispensation du médicament à des impératifs de rentabilité, au risque d’altérer la qualité du service pharmaceutique et la confiance des patients.
Vers une escalade syndicale ouverte
Face ainsi à ce qu’elle qualifie de « recommandations injustes » , la CSPM annonce son entrée dans un programme de mobilisation sans limite temporelle. Celui-ci pourrait inclure un arrêt national de travail accompagné de la fermeture de l’ensemble des pharmacies, ainsi que toutes les formes de lutte prévues par la Constitution et la loi. La Confédération affirme par ailleurs que toutes les options restent ouvertes tant que les propositions en question ne seront pas retirées. Cette posture marque désormais un tournant dans le bras de fer engagé autour de la réforme du secteur, et laisse présager une période de tensions entre les représentants des pharmaciens et les autorités compétentes.
Appel à l’unité du corps pharmaceutique
En effet, dans son communiqué, la CSPM ne manque pas d’appeler à une mobilisation sans précédent. Elle exhorte ainsi les pharmaciens, toutes sensibilités confondues, à se rassembler autour de leurs centrales syndicales et à unifier leurs rangs face à ce qu’elle considère comme une menace existentielle pour la profession. « La phase actuelle exige une mobilisation collective inédite » , souligne le communiqué, insistant sur la nécessité de coordonner les efforts des différentes instances professionnelles pour défendre l’indépendance du pharmacien et le droit légitime à l’exercice d’une pharmacie libre et autonome.
Défense d’un modèle au service du citoyen
Au-delà des revendications corporatistes, la Confédération place son combat sur le terrain de l’intérêt général. Elle met en garde contre toute tentative de transformer la pharmacie, établissement de santé de proximité, en simple point de vente motivé par le profit. Une telle évolution constituerait, selon elle, une menace pour la sécurité médicamenteuse nationale et pour l’équilibre du système de santé du Royaume. En conclusion, la CSPM affirme que la défense de la profession relève d’une responsabilité historique et collective. « La protection de l’équilibre du secteur pharmaceutique et de la sécurité sanitaire nationale est un devoir » , insiste l’organisation.
Source de l’article : Le Matin.ma



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