Les millions mystérieux d’Embaló
(SenePlus) – C’est une affaire digne d’un roman d’espionnage qui secoue l’entourage de l’ancien président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló. Des valises de cash, un vol suspect, une dénonciation anonyme : tous les ingrédients sont réunis dans ce scandale décrit par Jeune Afrique ce 17 décembre. Au cœur de l’intrigue : la saisie spectaculaire de 5 millions d’euros à l’aéroport militaire de Lisbonne et la mise en examen de l’ancienne première dame, Dinisia Reis Embaló.
Tout commence le week-end dernier par une « dénonciation anonyme » parvenue à la police judiciaire portugaise. Un avion, officiellement déclaré comme vol militaire, atterrit à l’aéroport Figo Maduro de Lisbonne. À son bord : l’épouse de l’ex-président, un homme d’affaires influent nommé Tito Gomes Fernandes, et une troisième personne non identifiée. Mais ce qui intéresse les enquêteurs, ce sont les bagages : de nombreuses valises bourrées de billets, pour un montant total de 5 millions d’euros.
L’itinéraire de l’appareil interpelle également. Selon la police, l’avion avait effectué un aller-retour express Marrakech-Bissau-Lisbonne dans la même journée, avant de devoir théoriquement repartir vers Beja, dans le sud du Portugal. Des informations de vol qui ne correspondaient pas aux déclarations faites aux autorités aéronautiques.
Tito Gomes Fernandes, présenté par Jeune Afrique comme un proche conseiller et directeur du protocole de l’ex-président, a été interpellé à son arrivée pour des soupçons de « contrebande et de blanchiment de capitaux » , avant d’être remis en liberté. Quant à Dinisia Reis Embaló, bien que laissée libre, elle a été mise en examen dans le cadre d’une enquête ouverte conjointement avec le fisc portugais pour déterminer l’origine des fonds.
Depuis sa résidence de Casablanca où il s’est installé après avoir été chassé du pouvoir fin novembre, Umaro Sissoco Embaló fulmine. Un de ses proches, contacté par le magazine, ne nie pas l’appartenance de l’argent à l’ancien chef de l’État : « Depuis quand transporter de l’argent est un crime ? Le problème, c’est qu’il faut le déclarer » . L’entourage de l’ex-président voit dans cette affaire la main de Lisbonne, en représailles à l’expulsion de journalistes portugais et la suspension de médias lusophones décidées par Embaló en août dernier.
À Bissau, l’affaire laisse perplexe. Un ancien haut responsable politique s’interroge, non sans ironie dans les colonnes de JA : « A-t-on déjà vu un président destitué qui envoie un avion pour aller chercher ses affaires et 5 millions, et une junte militaire qui laisse faire ? » . Une question qui épaissit encore un peu plus le mystère entourant la chute et l’exil doré d’Umaro Sissoco Embaló.
Source de l’article : SenePlus



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