Les Chantiers Bernard liquidés, leur dernier bateau remorqué à Saint-Nazaire

Les Chantiers Bernard liquidés, leur dernier bateau remorqué à Saint-Nazaire

Dans son audience du 20 mars, le tribunal de commerce de Quimper a prononcé la liquidation judiciaire des Chantiers navals Bernard de Locmiquélic (Morbihan), qui avaient été placés en procédure de sauvegarde en octobre 2024 puis en redressement judiciaire en octobre dernier.

Acteur historique de la construction navale lorientaise, l’entreprise familiale, spécialisée dans la pêche, fut créée il y a 57 ans. Elle avait lancé son activité en 1969, d’abord à Port-Louis. En 1983, les chantiers s’étaient installés en lieu et place des Plastiques de l’Ouest, à Locmiquélic. L’entreprise est historiquement née avec la pêche et l’ostréiculture, mais avait su au fil des années diversifier son activité pour surmonter les crises subies par son secteur d’origine. Rapidement, elle s’est tournée vers le polyester, devenant l’un des grands experts français des bateaux professionnels en composites. Sa spécialité était le polyester renforcé de fibres de verre, avec des coques réalisées en sandwich ou en infusion. Et les Chantiers navals Bernard s’étaient aussi modernisés en se dotant, en 2015, d’un atelier complémentaire de 2000 m² à Riantec, à côté de Locmiquélic.

En tout, l’entreprise bretonne a sorti quelques 300 bateaux : plus de 90 vedettes de sauvetage, 70 bateaux de pêche, 40 unités ostréicoles, 30 pilotines, 10 navires à passagers, une vingtaine de navires de servitude portuaire, mais aussi des bateaux de plaisance ou encore des vedettes de surveillance pour la Douane. Des productions destinées à des clients français, en métropole et outre-mer, mais aussi à de nombreux armateurs étrangers. On trouve ainsi des bateaux produits par les Chantiers navals Bernard de la Norvège au Sénégal, en passant par l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, le Maroc ou encore l’Afrique du Sud.

En 2019, une quarantaine de salariés travaillaient chez Bernard. Mais différents facteurs ont fragilisé l’entreprise : la crise sanitaire, la hausse du coût des matériaux, la crise de la pêche, une concurrence exacerbée ou encore la perte de clients historiques. Début 2025, alors que les dirigeants espéraient encore trouver une solution, les effectifs avaient été réduits à une dizaine de salariés seulement. Il n’y avait plus officiellement, dans le carnet de commandes, que deux pilotines, dont une unité de 13.6 mètres destinée à la station de Sète, qui a finalement transféré sa construction chez JFA, à Concarneau. Le chantier a poursuivi, avec l’aide de la station de pilotage de la Loire, la construction de Capella, vedette de 17.5 mètres du même type que les Gavy et La Concorde, également construites par Bernard, d’où elles sont sorties en 2015 et 2019. Cet ultime bateau en était au stade des finitions quand le constructeur a été placé en liquidation judiciaire. Il vient d’être remorqué depuis Lorient jusqu’à Saint-Nazaire par le Merida (ex-Brigitte Bardot racheté en 2021 par Oceanic Assistance à l’ONG Sea Shepherd). Les pilotes de la Loire vont gérer les derniers travaux avant la mise en service de cette pilotine, qui va remplacer La Lambarde, une unité de 15.5 mètres livrée par les chantiers Bernard en décembre 2011.

Source de l’article : Mer et Marine

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