Les cas mondiaux de rougeole ont baissé de près 80% depuis le début du siècle (Le point santé)
(Agence Ecofin) – Dans l’actualité santé en Afrique cette semaine : Les cas mondiaux de rougeole ont chuté de près de 80% depuis le début du siècle, mais les défis persistent en Afrique. L’Éthiopie renforce la prévention de l’hépatite B et gère son premier foyer de Marburg. Le Sénégal et la Mauritanie suivent l’évolution de la fièvre de la vallée du Rift et de la dengue. La rougeole progresse en RDC, tandis que Madagascar agit contre l’anémie infantile. Le Maroc alerte sur les faux psychologues.
Réduction significative des cas de rougeole dans le monde (OMS)
L’OMS rapporte une réduction significative des cas de rougeole dans le monde, passant de 38 millions en 2000 à 11 millions en 2024, tandis que les décès chutent de 780 000 à 95 000. Dans ce contexte, les vaccins auraient permis d’éviter quelque 58 millions de morts, selon un récent rapport. Si la couverture vaccinale mondiale a atteint 84% en 2024, elle reste encore en-deçà des 86% de 2019 ; du fait de la pandémie de COVID-19 qui a perturbé les programmes d’immunisation.
L’un dans l’autre, la région africaine affiche la plus faible couverture avec 71% en 2024. Sur 20,6 millions d’enfants non vaccinés mondialement, 56% vivent en Afrique et 19% en Méditerranée orientale. L’OMS souligne que l’élimination mondiale de la rougeole reste un objectif lointain, qui nécessite ressources et engagements politiques soutenus.
Éthiopie : lancement du vaccin contre l’hépatite B à la naissance
L’Éthiopie a introduit cette semaine (le mardi 25 novembre 2025) le vaccin contre l’hépatite B à la naissance. Cette évolution, soutenue par des partenaires comme l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), Gavi et l’UNICEF, veut renforcer la prévention de la transmission mère-enfant, et cible environ 3,8 millions de nouveau-nés annuels, avec un objectif de 80% de couverture nationale.
Dans le détail, l’administration du vaccin dans les 24 heures suivant la naissance prévient efficacement l’infection chronique, sachant que 90% des nourrissons infectés à la naissance développent des maladies à vie. D’ores et déjà, plus de 100 agents de santé ont été formés lors d’une session à Adama (en août 2025). Et dans le même temps, l’évaluation nationale de préparation affiche un score de 97%. Avec cette introduction, l’Éthiopie propose désormais 15 vaccins de routine.
Éthiopie : onze cas confirmés de Marburg, six décès
Toujours en Ethiopie, l’épidémie de maladie à virus Marburg se poursuit, et totalise désormais onze cas confirmés et six décès (au 27 novembre 2025), selon le ministère de la Santé. Cinq patients sont actuellement sous traitement et 349 personnes sont sous surveillance après contact avec des malades. Sur 73 cas suspects testés, 119 personnes ont terminé leur quarantaine.
Face à cette première épidémie de Marburg dans le pays, les autorités sanitaires mobilisent les leaders religieux, pour sensibiliser les communautés aux mesures préventives. Des centres d’isolement ont du reste été établis dans les zones touchées, notamment à Jinka et Hawassa. Le dépistage a été renforcé aux aéroports et aux postes frontières.
Pour rappel, le taux de létalité du Marburg (proche de la maladie d’Ebola) varie entre 24% et 88% selon les épidémies.
Sénégal : l’épidémie de fièvre de la vallée du Rift dépasse 500 cas
Au Sénégal, on enregistre 505 cas confirmés de fièvre de la vallée du Rift, répartis dans 11 régions depuis le début de l’épidémie fin septembre 2025, selon le ministère de la Santé.
Dans le détail, Saint-Louis demeure la région la plus touchée avec 352 cas, suivie de Matam (36), Fatick (36) et Kaolack (25). Les autres régions affectées incluent Louga (21), Dakar (15), Tambacounda (9), Thiès (4), Kolda (3), Kédougou (2) et Kaffrine (2).
Notons que cette maladie virale transmise par les moustiques affecte principalement le bétail mais peut contaminer l’homme par contact avec des animaux infectés. Les autorités sanitaires intensifient à cet égard la surveillance épidémiologique et les mesures de contrôle vectoriel, pour limiter la propagation.
Maroc : alerte sur la prolifération des faux psychologues
Au Maroc, le Syndicat national des psychologues dénonce la multiplication d’individus exerçant illégalement la psychologie grâce à des autorisations coutumières obtenues après de brèves formations privées non reconnues. Selon l’organisation, ces intervenants transforment leurs bureaux en cabinets psychologiques sans diplôme universitaire requis, et mettent ainsi en danger les patients incapables d’identifier une dépression, un trouble anxieux ou un risque suicidaire.
Le Maroc ne compte que six universités publiques offrant un cursus en psychologie, ce qui limite les capacités d’accueil. Dans le pays maghrébin, le ministère de la Santé a annoncé une feuille de route 2030 incluant un cadre légal pour réglementer la profession, mais le syndicat réclame des mesures immédiates pour réviser les autorisations et protéger les citoyens.
Madagascar : déploiement d’outils numériques contre l’anémie infantile
Madagascar lance un dispositif de dépistage de l’anémie infantile dans 26 établissements sanitaires de la région Analamanga, avec une extension prévue dans d’autres régions.
Annoncée lors de la Journée mondiale de la carence en fer, l’outil s’attaque à un problème majeur dans le pays, puisque 42% des enfants malgaches de 6 à 59 mois souffrent d’anémie, dont 40% liée à une carence en fer selon l’enquête nationale 2024.
Le projet associe le ministère de la Santé, Bledina (entreprise agroalimentaire française spécialisée dans l’alimentation infantile), la Société Malgache de Pédiatrie et l’Office Pharmaceutique Malgache.
Les outils comprennent du matériel de dépistage non invasif et des solutions digitales pour la collecte de données. Il s’agit ainsi de réduire la mortalité infantile et le retard de croissance chez les enfants.
RDC : plus de 3000 cas de rougeole soignés à Masisi et Rutshuru
En RD Congo, Médecins sans Frontières indique avoir pris en charge plus de 3000 cas de rougeole entre avril et novembre 2025, dans les territoires de Masisi et Rutshuru (dans le Nord-Kivu). À Katoyi et Kirotshe, 1856 patients ont reçu des soins entre octobre et mi-novembre, dont 756 cas avec complications. À Binza, 1195 patients ont été traités, incluant 355 cas graves. Les enfants de moins de cinq ans sont les plus touchés, la malnutrition aggravant la maladie.
Dans la zone, la couverture vaccinale insuffisante, la rupture des chaînes du froid, l’impossibilité de mener des campagnes de porte-à-porte et l’inaccessibilité de certaines zones en raison des violences compliquent la riposte. L’ONG humanitaire planifie de nouvelles campagnes de vaccination, fin novembre-début décembre.
RDC : plus de 640 cas suspects de choléra à Moba
Toujours dans le pays d’Afrique centrale, la zone de santé de Moba (dans la province du Tanganyika), fait face à une flambée de choléra avec plus de 640 cas suspects enregistrés depuis le début de l’année, dont 20 décès. La semaine dernière a notifié 94 cas suspects sans décès.
Les aires de santé riveraines du lac Tanganyika sont les plus touchées, la population continuant de consommer l’eau du lac, principal vecteur de propagation du vibrion cholérique. La zone est confrontée à une rupture de chlore et d’intrants essentiels, compliquant la prise en charge.
Le Dr Barwine Moma, médecin chef de zone, alerte sur l’éparpillement du vibrion (responsable du choléra) dans plusieurs aires de santé et appelle à une intervention urgente des autorités.
Ayi Renaud Dossavi
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Source de l’article : Agence Ecofin



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