Le projet « Khotwa » vient d’être lancé à Beni Mellal : Pour renforcer la participation de la femme à la gestion des affaires publiques

En partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer-Maroc/Mauritanie et dans le cadre des efforts visant à renforcer la participation politique des femmes et des jeunes à la gestion des affaires publiques locales, l’Association qualification de la jeunesse a lancé, jeudi 22 janvier 2026 à Beni Mellal, son nouveau projet intitulé « Khotwa: vers une participation politique inclusive et équitable des femmes » , financé par le Fonds de soutien dédié à l’encouragement de la représentativité des femmes relevant du ministère de l’intérieur.

Ce projet s’inscrit en réponse aux défis qui continuent d’entraver la participation politique effective des femmes au niveau territorial, notamment le faible accès aux mécanismes de prise de décision, la limitation de l’autonomisation cognitive et du leadership, ainsi que les contraintes sociales et culturelles qui influencent la présence des femmes au sein des institutions élues et des instances consultatives locales. Le projet « Khotwa » vise à contribuer à l’augmentation de la représentativité féminine et au renforcement d’une participation politique active et inclusive des femmes dans la province de Béni Mellal, à travers une approche participative multi-acteurs reposant sur le renforcement des capacités, l’expérimentation pratique, le dialogue institutionnel, le plaidoyer et la production d’impact. Le projet s’articule autour de plusieurs composantes majeures. Il prévoit l’organisation d’un séminaire inaugural pour mobiliser les acteurs locaux et présenter les objectifs. Il repose également sur l’adoption d’un modèle de simulation de la collectivité territoriale comme méthodologie innovante visant à renforcer la compréhension des participantes du processus de prise de décision locale. Il comprend aussi la production d’un podcast politique intitulé « Des femmes qui font la différence » , mettant en lumière des expériences féminines inspirantes dans le champ politique, ainsi que l’élaboration d’un guide pratique destiné aux élues et aux candidates, intégrant des connaissances et des outils essentiels en matière de participation politique. Le projet inclut également l’organisation de laboratoires d’innovation politique et sociale comme espaces de dialogue et d’échange entre élus, société civile, universitaires et journalistes, en plus d’un séminaire de clôture consacré à la présentation des résultats et à la formulation de recommandations opérationnelles à l’attention des acteurs et institutions concernés. Le projet cible directement vingt-quatre élues, membres des instances consultatives et actrices associatives de la province de Béni Mellal, ainsi qu’un public élargi composé d’élus, d’acteurs institutionnels, d’étudiants en master et en doctorat et de journalistes. Il bénéficiera indirectement à l’ensemble de la population locale, en particulier aux jeunes femmes et aux jeunes. El Habib Rachid, directeur exécutif de l’Association qualification de la jeunesse, a déclaré que le lancement du projet intervient dans un contexte national marqué par une prise de conscience croissante de l’importance du renforcement de la participation des femmes à la gestion des affaires publiques. Toutefois, cette dynamique se heurte encore, au niveau territorial, à des contraintes structurelles liées au faible niveau d’autonomisation, à l’accès limité aux mécanismes de décision et à la persistance de barrières sociales et culturelles. Il a ajouté que ce projet ne repose pas sur une approche de sensibilisation conjoncturelle, mais sur une vision stratégique considérant que la participation politique se construit par la création de conditions réelles, à travers la formation, l’expérimentation pratique, le dialogue institutionnel et un plaidoyer fondé sur les données et la connaissance. Le directeur exécutif a précisé que le choix de la province de Béni Mellal est fondé sur des données objectives mettant en évidence les défis auxquels les femmes font face dans l’accès aux postes de décision, tant en termes de représentativité que de participation à l’élaboration des politiques publiques locales, faisant de ce projet un levier pour impulser une nouvelle dynamique basée sur l’autonomisation, l’innovation et le partenariat. Il a également indiqué que la valeur ajoutée du projet réside dans le recours à des outils innovants, tels que le modèle de simulation de la collectivité territoriale, les laboratoires d’innovation politique et sociale et la production de contenus numériques à vocation cognitive et de plaidoyer, permettant de passer d’une logique de participation formelle à une logique d’efficacité politique et d’influence sur la décision publique. Rappelons que l’Association ambitionne, à travers ce projet, de construire une expérience reproductible et de produire un savoir de terrain pouvant être valorisé à l’échelle nationale, notamment à l’approche des prochaines échéances électorales, considérant que l’autonomisation des femmes et des jeunes aux outils de l’action politique constitue l’un des leviers essentiels pour consolider la démocratie participative et renforcer la gouvernance territoriale au Maroc.

Source de l’article : Aujourd'hui le Maroc