Le projet gazier de Tendrara: le Maroc au cœur des grands chantiers énergétiques africains en 2026
Le gaz naturel africain continue de jouer un rôle central dans l’évolution énergétique du continent, porté par quatorze projets majeurs attendus en 2026. Selon la plate-forme spécialisée Attaqa, le gaz est « le seul combustible fossile dont la part dans l’énergie primaire mondiale devrait augmenter » , tandis que l’Afrique subsaharienne concentre plus de 70 % des ressources africaines restantes techniquement récupérables, faisant de cette zone « le principal moteur de cette progression » .
Les investissements en exploration pétrolière et gazière pourraient atteindre 41 milliards de dollars en 2026, avec une production totale estimée à 11,4 millions de barils par jour. Cette dynamique est soutenue par le Nigeria, l’Angola, le Mozambique et plusieurs bassins prometteurs, grâce au gaz naturel, au gaz naturel liquéfié (GNL) et aux infrastructures de raffinage et de distribution, répondant à la demande intérieure et aux perspectives d’exportation régionales.
Dans ce contexte continental, le projet gazier de Tendrara confère au Maroc une visibilité particulière. Exploité par Mana Energy, Sound Energy et l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), il repose sur un réseau de conduites de 120 kilomètres destiné à acheminer 42 millions de pieds cubes de gaz par jour vers le marché national. Après la mise en service de la première phase, fondée sur le GNL de petite échelle, les opérateurs anticipent le lancement des ventes commerciales de la seconde phase début 2028, dans le cadre d’un contrat de dix ans avec l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE).
Cette infrastructure représente un facteur clé pour la sécurité d’approvisionnement nationale, dans un contexte africain où le gaz est appelé à « redessiner l’avenir économique du continent » .
Parallèlement, plusieurs chantiers africains illustrent cette tendance. Le gisement de la Grande Tortue Ahmeyim, entre la Mauritanie et le Sénégal, devrait ajouter entre 2,5 et 3 millions de tonnes par an de capacité de liquéfaction lors de sa seconde phase, pour un investissement estimé entre 3 et 5 milliards de dollars, bien que la décision finale d’investissement reste suspendue. En République du Congo, le champ de Litchendjili et le programme Congo LNG visent une capacité globale de 3 millions de tonnes par an d’ici 2026, en exploitation sans torchage.
D’autres projets complètent ce panorama : le bloc NC-98 en Libye, la phase III de Baleine en Côte d’Ivoire, le complexe gazier ANOH au Nigeria et le développement offshore d’Agogo en Angola, mêlant pétrole, gaz et technologies de réduction des émissions. En Afrique orientale, le projet pétrolier Tilenga en Ouganda table sur une production de 190 000 barils par jour, tandis qu’en Afrique australe, la phase II du projet Virginia en Afrique du Sud prévoit 34 000 gigajoules par jour de gaz et 4 200 kilogrammes quotidiens d’hélium liquide.
Dans ce paysage énergétique continental, le projet de Tendrara consolide la position du Maroc parmi les acteurs africains incontournables à l’horizon 2026, dans un contexte dominé par le gaz naturel et la recomposition des chaînes énergétiques du continent.
Source de l’article : lareleve.ma



Laisser un commentaire