Le Maroc détrône le Kenya et devient premier exportateur africain d’avocats en 2025
Au Maroc, 2025 a été une année faste pour la filière avocats. Pour la première fois de son histoire, le Royaume chérifien est devenu le leader africain dans l’exportation du fruit tropical, devançant le Kenya.
Selon les résultats préliminaires de l’Examen du marché des fruits tropicaux, publié par la FAO le 28 janvier, le pays d’Afrique du Nord a placé environ 141 000 tonnes du fruit sur le marché international durant la campagne écoulée contre 105 164 tonnes pour le Kenya.
Ce volume représente près du double du stock enregistré un an plus tôt (73 848 tonnes) et marque un nouveau record absolu pour le pays.
Un couronnement sur fond de difficultés des concurrents
Avec un tel stock, le Maroc a compté à lui seul pour environ le tiers des envois de l’ensemble du continent dont il a d’ailleurs porté la croissance en 2025 (+ 16,7 %). D’après la FAO, le changement dans la hiérarchie est notamment lié aux difficultés logistiques au Kenya et en Afrique du Sud.
L’année dernière, la multiplication des attaques contre les navires commerciaux dans la mer Rouge a contraint de nombreuses compagnies maritimes à éviter le canal de Suez et à rallonger leurs itinéraires en passant par le cap de Bonne-Espérance.
Au Kenya, les volumes y ont chuté de 19 % en raison d’un quasi-doublement des temps de transit vers l’Europe, conséquence directe de la crise ainsi que par la forte hausse des coûts de transport maritime qui en a résulté. « Dans le contexte de la crise en mer Rouge, les exportations sud-africaines d’avocats ont continué de subir des retards significatifs dans les délais d’acheminement vers l’Europe, qui sont passés d’environ 20 jours à 45 jours en raison du changement de route » , souligne le rapport.
Si les acteurs marocains se frottent les mains, cette nouvelle vient surtout marquer une consécration pour le Maroc qui sur la période 2019-2023 exportait presque 2,5 fois moins d’avocats que le Kenya.
D’après la FAO qui cite des données fournies par le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts du Maroc en avril 2025, les superficies récoltées ont augmenté de 40 % entre 2022 et 2024. Pendant ce temps, la production et les expéditions ont respectivement grimpé de 17 % et de 34 % sur la période.
Globalement, cette dynamique a été portée par les investissements privés croissants dans l’irrigation goutte-à-goutte, la modernisation des stations de conditionnement ainsi que des conditions climatiques particulièrement favorables dans la région du Gharb, zone névralgique pour la production.
La proximité géographique avec l’Europe, combinée à des conditions d’accès très favorables au marché communautaire, a permis à la filière de gagner rapidement en envergure et de profiter du dynamisme de la consommation dans plusieurs pays de l’Union européenne, notamment l’Allemagne et la France, qui figurent parmi les principaux consommateurs d’avocats par habitant dans la zone.
Un statut qui reste à consolider
Pour le Maroc, le défi sera désormais de consolider durablement cette position de leader sur le marché des exportations, en maintenant la croissance de ses volumes disponibles, répondre aux besoins des importateurs en matière de qualité et de régularité dans un contexte de concurrence croissante. Selon la FAO, la filière kenyane reste encore redoutable avec l’expansion des superficies dédiées qui ont quasiment quadruplé depuis 2015, pour atteindre 33 428 hectares en 2023, ce qui laisse entrevoir un développement important de la production et donc des stocks exportables. D’après les observateurs, l’évolution de la situation au niveau de la mer Rouge et de la chaîne logistique seront aussi des facteurs à surveiller, en raison de leur impact sur les performances kényanes et sud-africaines.
Source de l’article : La Tribune



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