Le Maroc dans le viseur du lobby agricole andalou

Au terme de la campagne hortofruticole 2025, l’organisation agricole andalouse COAG tire la sonnette d’alarme sur la situation du secteur et met en avant le rôle de l’Union européenne et du Maroc dans ce qu’elle considère comme une concurrence défavorable. L’organisation dénonce des pressions commerciales qu’elle juge déloyales et affirme que ces facteurs fragilisent les producteurs espagnols. Ces critiques s’inscrivent dans un contexte plus large de tensions structurelles, marqué par la hausse des coûts de production, les problèmes sanitaires dans les exploitations et les incertitudes sur l’avenir de la Politique agricole commune.

À l’issue d’une campagne hortofruticole 2025 marquée par des difficultés réelles, l’organisation agricole andalouse COAG a choisi une nouvelle fois la voie la plus commode : désigner le Maroc comme responsable idéal de ses maux, aux côtés de Bruxelles. Une rhétorique désormais bien rodée, où la concurrence marocaine sert d’alibi à l’absence de réformes structurelles du modèle agricole espagnol.

Dans son argumentaire, COAG accuse l’Union européenne de favoriser une « concurrence déloyale » à travers ses accords commerciaux avec le Maroc. L’organisation met en cause les discussions européennes autour des règles d’étiquetage de l’origine des produits agricoles, qu’elle considère comme susceptibles de « brouiller la traçabilité réelle des marchandises importées et d’induire les consommateurs en erreur » .

Selon COAG, ces évolutions réglementaires seraient contraires aux décisions de la justice européenne et ouvriraient la voie à un déséquilibre concurrentiel au détriment des producteurs espagnols. L’organisation affirme que ces mécanismes permettraient à des produits agricoles en provenance du Maroc d’accéder au marché européen dans des conditions qu’elle juge plus favorables que celles imposées aux exploitations de l’Union.

COAG soutient que cette situation exerce une pression supplémentaire sur les prix à l’origine, fragilisant la rentabilité des exploitations horticoles andalouses. Elle estime que les producteurs européens sont soumis à des contraintes environnementales, sociales et sanitaires plus strictes, sans bénéficier de protections équivalentes face aux importations.

L’organisation agricole lie ces critiques commerciales à un contexte plus large de fragilisation du secteur. Elle pointe la hausse des coûts de production, l’augmentation des charges énergétiques, la pénurie de main-d’œuvre et l’impact croissant des plagues dans les exploitations sous serre, en particulier dans le sud de l’Espagne. À cela s’ajoutent, selon COAG, les incertitudes liées à l’évolution de la Politique agricole commune et à la perspective d’une réduction des soutiens budgétaires européens.

COAG estime que l’accumulation de ces facteurs menace la viabilité économique de nombreuses exploitations et compromet le renouvellement générationnel dans le secteur agricole. Elle appelle les institutions européennes et nationales à revoir leurs priorités afin de garantir, selon ses termes, des conditions de concurrence équitables et une meilleure protection du tissu productif local.

Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc