le Maroc classé à haut risque

le Maroc classé à haut risque

Selon la quatrième édition de l’Indice de complexité de recouvrement d’Allianz Trade, le Maroc figure parmi les marchés où la récupération des créances commerciales reste particulièrement ardue. Avec un score de 56 sur 100, le Royaume évolue dans une zone de risque très élevé, bien au-delà de la moyenne mondiale.

Allianz Trade a publié la quatrième édition de son Indice de complexité de recouvrement, une étude couvrant 52 économies représentant près de 90% du PIB et du commerce mondiaux. Cet indicateur évalue le degré de difficulté lié au recouvrement des créances commerciales, sur une échelle allant de 0, pour les environnements les plus simples, à 100 pour les plus complexes. Quatre niveaux de risque sont distingués : notable, fort, très fort et sévère.

À l’échelle mondiale, la complexité moyenne atteint 47,2 points, un niveau considéré comme élevé. Près de la moitié des créances commerciales internationales sont localisées dans des pays classés à risque très élevé ou sévère, représentant environ 1.100 milliards de dollars exposés à des difficultés de recouvrement. Allianz Trade explique cette situation par la multiplication des défaillances d’entreprises, des pratiques de paiement hétérogènes selon les marchés et des procédures judiciaires souvent lourdes, dans un contexte marqué par la fragmentation du commerce mondial, les tensions géopolitiques, l’instabilité protectionniste et la montée des risques numériques.

Dans ce classement, certains pays européens se distinguent par un environnement favorable au recouvrement, notamment l’Allemagne et les Pays-Bas, tous deux notés à 30 sur 100, suivis du Portugal, de l’Autriche et de la Suisse. À l’opposé, plusieurs grandes économies émergentes figurent parmi les plus complexes, à l’image de l’Arabie saoudite, du Mexique, des Émirats arabes unis, de la Chine ou encore de l’Égypte.

Avec un score de 56 sur 100, le Maroc se situe dans la catégorie du risque très élevé. L’étude met en avant plusieurs facteurs structurels, à commencer par des délais de paiement qui demeurent longs, généralement compris entre 90 et 120 jours. Malgré l’existence de dispositifs réglementaires visant à encadrer les retards de paiement, le comportement des entreprises continue de se dégrader sur ce plan.

Les procédures judiciaires constituent un autre point de fragilité. Le système de recouvrement des factures impayées est jugé peu efficient, avec des démarches longues, coûteuses et une exécution des décisions de justice souvent difficile. Les mécanismes liés à l’insolvabilité, bien qu’existants, sont également perçus comme complexes et peu efficaces pour permettre une récupération satisfaisante des créances.

Dans ce contexte, Allianz Trade souligne la nécessité, pour les entreprises opérant au Maroc ou exportant vers le Royaume, d’adopter une gestion rigoureuse du risque client, en privilégiant les solutions amiables et l’appui d’experts disposant d’une connaissance fine du marché local. Si le Maroc conserve un rôle croissant de hub commercial émergent dans un système mondial en recomposition, cette dynamique s’accompagne d’exigences accrues en matière de gestion du crédit et de sélectivité des partenaires commerciaux.

Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc

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