Le Maroc à l’épreuve du « Made with Europe »

Le 25 février, l’Industrial Accelerator Act (IAA) entrera dans sa phase décisive avec sa soumission à proposition par la Commission européenne. Après cette publication, le texte devra encore suivre le processus législatif européen, consacrant un virage stratégique sans précédent dans la politique économique de l’Union. Derrière ce texte technique se cache une ambition de reconquête : celle d’une Europe qui a vu sa part dans la valeur ajoutée industrielle mondiale fondre de 20,8 % en 2000 à seulement 14,3 % en 2020, et qui entend désormais faire remonter l’industrie à 20 % de son PIB d’ici 2035.

Pour le Maroc, ce bouleversement n’a rien d’abstrait. Il touche au cœur même de son modèle de développement, bâti depuis deux décennies sur une intégration progressive aux chaînes de valeur du Vieux Continent.

Une brèche dans la forteresse européenne

Le draft du règlement que Le Desk a pu consulter, introduit une innovation majeure qui pourrait changer la donne pour les partenaires privilégiés de l’Union. Celle-ci tient en trois mots : « Made with Europe » . Pour la première fois, Bruxelles envisage de reconnaître que le contenu industriel de certains pays tiers puisse être considéré comme équivalent à un contenu originaire de l’Union. Une brèche dans la préférence communautaire, arrachée par Berlin et Rome face à une France plus protectionniste.

Cette ouverture n’est pas un cadeau. Elle repose sur deux conditions cumulatives : des engagements internationaux réciproques avec l’UE, et une contribution effective à la compétitivité, à la résilience et à la sécurité économique européennes. Les « partenaires de confiance » seraient désignés par actes délégués de la Commission, en tenant compte de ces deux critères principaux.

Source de l’article : Le Desk

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