Le Maroc à l’épreuve de l’équation croissance-progrès social
Dans le Global Prosperity Index 2025 publié par HelloSafe, le Maroc enregistre un score de 30,02 sur 100. Fondé sur une combinaison d’indicateurs économiques et sociaux, ce classement met en lumière une trajectoire de développement marquée par des acquis structurels, mais encore limitée dans sa capacité à se traduire en prospérité sociale généralisée.
Le Global Prosperity Index lancé par HelloSafe en 2025 propose une lecture élargie de la richesse des nations, en dépassant les approches traditionnelles centrées exclusivement sur le produit intérieur brut. En s’appuyant sur six indicateurs – PIB par habitant, revenu national brut par habitant, taux d’épargne nationale, indice de développement humain, coefficient de Gini et taux de pauvreté – l’indice cherche à mesurer non seulement la capacité d’un pays à produire de la richesse, mais aussi la manière dont celle-ci se diffuse au sein de la société.
Dans ce cadre méthodologique, le Maroc se situe dans la catégorie des pays à « faible prospérité » , correspondant à un score compris entre 30 et 40. Ce positionnement traduit l’existence d’une base économique réelle et relativement structurée, tout en soulignant les limites persistantes dans la transformation de la croissance en amélioration homogène des conditions de vie.
À l’échelle africaine, le Maroc occupe le 8ᵉ rang, derrière des pays comme Maurice, les Seychelles ou l’Algérie, qui affichent des niveaux de prospérité plus élevés selon les critères retenus. Ce classement ne remet pas en cause les dynamiques de développement engagées, mais reflète des écarts encore sensibles en matière de revenus par habitant, de développement humain et de réduction de la pauvreté.
L’approche retenue par HelloSafe met particulièrement en évidence le poids des indicateurs sociaux dans l’évaluation finale. L’indice de développement humain, qui intègre l’espérance de vie, le niveau d’éducation et le revenu réel, compte pour 20 % du score total. À cela s’ajoutent le coefficient de Gini et le taux de pauvreté, qui pèsent ensemble pour 25 %. Cette pondération contribue à expliquer pourquoi certains pays à croissance économique soutenue n’atteignent pas nécessairement un niveau de prospérité élevé au sens du classement.
Dans le cas du Maroc, le score obtenu suggère que les avancées économiques observées ces dernières années ne se traduisent pas encore pleinement par une amélioration uniforme du bien-être. Les inégalités de revenus, les disparités territoriales et la persistance de poches de vulnérabilité sociale continuent de peser sur les indicateurs de prospérité globale, malgré une certaine stabilité macroéconomique.
Le rapport souligne également que les pays situés dans cette tranche de score disposent souvent d’une capacité de progression importante. Ils présentent généralement des infrastructures en développement, des systèmes éducatifs et sanitaires en amélioration, mais restent confrontés à des contraintes structurelles qui limitent la diffusion des bénéfices de la croissance à l’ensemble de la population.
HelloSafe insiste enfin sur le caractère comparatif et statique de son indice. Les résultats reposent sur des données issues principalement de la Banque mondiale et du PNUD, et sur des pondérations fixes appliquées à tous les pays, indépendamment de leurs trajectoires spécifiques. L’indice se veut ainsi un outil de lecture et d’analyse, plutôt qu’un jugement définitif sur les performances économiques et sociales des États.
Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc



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