Le HCP lance la 3e enquête nationale sur le handicap

Lancée lors d’une rencontre organisée par le secrétariat d’État chargé de l’Insertion sociale, cette enquête nationale a aussi pour but d’évaluer le niveau d’accès des personnes en situation de handicap aux services, notamment la santé, l’éducation, la formation, l’emploi et la protection sociale, de dresser les obstacles entravant leur pleine participation à la vie sociale et de fournir une base de référence pour l’ajustement des programmes et politiques publics.

S’exprimant à cette occasion, la ministre de la Solidarité, de l’insertion sociale et de la famille, Naïma Ben Yahia, a souligné que le lancement de cette enquête revêtait une importance particulière, reflétant « un choix institutionnel fondé sur la volonté de faire de la connaissance précise et des données fiables le socle de la planification des politiques publiques, de l’orientation des programmes, de l’optimisation des ressources et de la convergence des interventions » . Cette initiative, a-t-elle ajouté, constitue également une interaction positive avec la recommandation adressée au Royaume par le Comité des droits des personnes handicapées dans son dernier rapport, rappelant que son département avait supervisé la réalisation de la première enquête nationale en 2004, laquelle avait permis pour la première fois de disposer d’une base de données nationale de référence, avant que ce processus ne se poursuive avec le lancement de la deuxième enquête en 2014, qui a approfondi l’approche sociale en associant le handicap aux questions d’accès aux services et d’insertion.

De son côté, le secrétaire d’État chargé de l’Insertion sociale, Abdeljabbar Rachidi, a indiqué que cette rencontre traduisait une volonté collective forte d’amorcer une nouvelle phase fondée sur une planification reposant sur des statistiques et des données précises, ainsi que sur des politiques publiques adossées à une base scientifique solide. M. Rachidi a précisé que le lancement de cette enquête ne s’inscrivait pas uniquement dans la continuité des précédentes statistiques nationales, mais reflétait également une conscience institutionnelle avancée de la nécessité d’accompagner les transformations que connaît la société marocaine aux niveaux démographique, social, économique et spatial. Il a, par ailleurs, relevé que le secrétariat d’État chargé de l’Insertion sociale et le ministère de la Solidarité, de l’insertion sociale et de la famille œuvraient pour accélérer la procédure d’octroi de la carte pour personne en situation de handicap, afin de permettre aux citoyens de bénéficier, dans les meilleurs délais, des services et avantages prévus par la loi, tout en consacrant une référence nationale unifiée pour l’évaluation du handicap, l’amélioration des mécanismes de ciblage et l’optimisation des ressources.

Pour sa part, le haut-commissaire au Plan, Chakib Benmoussa, a relevé que les données issues des recensements généraux de la population et de l’habitat de 2014 et 2024 montraient que la situation du handicap demeurait un enjeu structurel nécessitant des approches précises et intégrées. Les résultats du recensement général de la population et de l’habitat de 2024 font ressortir un taux de prévalence du handicap d’environ 4,8% du total de la population, contre près de 5,1% en 2014, avec des disparités territoriales marquées entre les régions et des différences notables entre les milieux urbain et rural, a-t-il ajouté.

Ces données confirment, selon M. Benmoussa, l’importance d’aller au-delà d’une lecture purement chiffrée vers une analyse plus approfondie des caractéristiques démographiques, sociales et économiques des personnes en situation de handicap, ainsi que de leur accès aux services de base, en particulier la couverture sanitaire et la protection sociale. Dans ce cadre, il a annoncé que le HCP publierait, début avril 2026, le rapport national sur les caractéristiques démographiques, sociales et économiques de la population, qui abordera, parmi ses axes, la situation des personnes en situation de handicap, leurs conditions économiques et sociales, offrant ainsi une base analytique solide pour renforcer le ciblage des politiques publiques et améliorer l’évaluation de leur impact.

De son côté, le président de l’Observatoire national du développement humain (ONDH), Otmane Gair, a souligné que le lancement de la 3e enquête nationale sur le handicap ne constitue pas une simple étape statistique ou un exercice technique de collecte de données sur le terrain, mais s’inscrit dans un choix reflétant une conscience institutionnelle avancée de l’importance de ce tournant, fondé sur une approche multidimensionnelle, territoriale et prospective, visant à ancrer la culture des résultats et à asseoir l’action publique sur des données fiables, mesurables et de terrain, tenant compte de la complexité des phénomènes sociaux et de l’imbrication de leurs dimensions spatiales, économiques et démographiques.

Dans cette perspective, a-t-il ajouté, l’Observatoire veille à promouvoir une culture de la décision publique fondée sur les preuves et à faire de la recherche sociale un levier essentiel de l’action publique et non une fin en soi, soulignant que l’Observatoire, convaincu que la connaissance sociale se construit de manière collective et cumulative, s’est attelé, au cours des dernières années, au développement des outils d’identification et d’analyse, l’amélioration de la qualité des données et la consécration de l’approche participative, à travers l’ouverture sur l’ensemble des acteurs institutionnels, a affirmé M. Gair.

À son tour, la représentante du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) au Maroc, Marielle Sander, a souligné qu’à travers cette initiative, le Maroc réaffirmait son choix en faveur d’un développement centré sur l’humain, fondé sur les preuves et résolument orienté vers l’inclusion, exprimant la fierté du FNUAP de contribuer à cet effort et son optimisme quant aux réalisations concrètes que ce travail permettrait d’atteindre dans les années à venir. Mme Sandler a également réaffirmé l’engagement constant du FNUAP à accompagner le gouvernement marocain dans ce processus, mettant en avant l’ambition commune de faire des données un levier de transformation au service de politiques publiques plus inclusives, plus efficaces et davantage respectueuses de la dignité des personnes en situation de handicap.

Cette rencontre a été marquée par la signature d’un mémorandum d’entente entre le ministère de la Solidarité, de l’insertion sociale et de la famille, le secrétariat d’État chargé de l’Insertion sociale, le HCP, l’ONDH et le FNUAP, définissant le cadre général de coopération pour la réalisation de la 3e enquête nationale sur les personnes en situation de handicap.

Source de l’article : Le Matin.ma