Le Front de Sauvegarde de la SAMIR met en garde contre les risques du stockage commun des hydrocarbures au Maroc

Le Front de Sauvegarde de la SAMIR met en garde contre les risques du stockage commun des hydrocarbures au Maroc

Le Front National pour la Sauvegarde de la Raffinerie Marocaine de Pétrole (SAMIR) souligne que la persistance des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et la flambée mondiale des prix de l’énergie rendent plus que jamais impérative l’instauration d’une réelle souveraineté énergétique marocaine. Cet objectif nécessite de définir clairement les responsabilités liées à la gestion des stocks stratégiques de produits pétroliers.

Selon El Houssine El Yamani, président du Front, la sécurité énergétique ne peut se résumer à des solutions temporaires ou des mesures techniques isolées. « La garantie de la sécurité énergétique exige une application rigoureuse des dispositions légales en vigueur, en tête desquelles l’obligation pour les sociétés d’hydrocarbures de fournir le niveau minimum de stock prévu par la loi » , a-t-il précisé. Il estime en effet que « le problème actuel n’est pas lié à l’absence de textes, mais plutôt à leur non-application » .

Dans un entretien accordé à Hespress, El Yamani a rappelé que la Constitution confère au Conseil de la Concurrence des prérogatives précises pour réguler le marché et lutter contre les pratiques anticoncurrentielles, particulièrement les ententes sur les prix. Il déplore cependant que l’expérience ait montré que le Conseil s’est préoccupé de préparer des études techniques qui « pourraient ne pas traiter le cœur du problème existant dans ce secteur » .

En réponse, Ahmed Rahhou, président du Conseil de la Concurrence, a clarifié dans une déclaration antérieure que le suivi quotidien des prix des distributeurs incombe à l’autorité gouvernementale, et non à son institution. Il a affirmé que le Conseil « n’intervient pas dans les modifications journalières des prix, mais se concentre sur le suivi de l’évolution du marché et l’analyse des données qui y sont liées » .

El Yamani rejette fermement l’approche que le Conseil s’apprête à proposer, à savoir l’instauration d’un système national de stockage commun où les entreprises coopéreraient pour importer et stocker collectivement. Pour le président du Front, « cette orientation soulève des problèmes juridiques et de principe, dans la mesure où le stockage commun pourrait s’opposer aux règles de la concurrence et ouvrir la porte à une coordination illicite entre les acteurs du marché » .

Le représentant syndical ajoute que « la solution ne réside pas dans la recherche de formules de contournement pour outrepasser les engagements des entreprises, mais dans une redéfinition claire des responsabilités » .

La sécurisation des stocks stratégiques demeure, en fin de compte, la responsabilité de l’État en tant que garant de l’ordre public et de l’approvisionnement continu du marché. À ce titre, El Yamani juge indispensable de relancer le raffinage et le stockage à la raffinerie de Mohammedia afin de tirer parti des capacités de cette institution nationale.

Depuis la cession des activités de distribution et de raffinage au secteur privé, le secteur a connu de profondes mutations sans que le cadre légal ne soit modernisé. Cette situation a engendré des failles structurelles, dont la faible capacité à faire respecter l’obligation légale de maintenir un stock de réserve stratégique d’un minimum de 60 jours.

Les récentes crises mondiales ont mis en lumière la fragilité du système national actuel. El Yamani conclut que « toute réforme à venir doit partir du principe de lier la responsabilité à la reddition des comptes et d’appliquer les lois existantes, au lieu de chercher des solutions qui pourraient pérenniser la situation actuelle » . Il affirme enfin que « la réalisation de la souveraineté énergétique passe par des décisions politiques claires et une véritable volonté de réforme » .

Pour rappel, les cours mondiaux du pétrole ont récemment enregistré une baisse. Vendredi, suite à l’annonce par les États-Unis et leurs partenaires de mesures visant à renforcer l’offre et à sécuriser la navigation dans le détroit d’Ormuz, les contrats à terme sur le Brent ont reculé de 0,4 % pour atteindre 108,26 dollars le baril. Le brut américain WTI a également baissé de 0,9 %, s’établissant à 95,27 dollars.

Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc

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