Le FEC renforce ses lignes de défense internes

À travers un nouvel appel d’offres, le Fonds d’Équipement Communal (FEC) engage une réforme silencieuse mais décisive : consolider son dispositif de contrôle permanent, pierre angulaire de la gouvernance financière et de la maîtrise des risques.

Dans l’ombre des grands projets d’infrastructures et des financements territoriaux, une autre bataille se joue : celle de la gouvernance et de la solidité institutionnelle. Le FEC vient d’ouvrir un appel d’offres pour accompagner le renforcement de sa fonction de contrôle permanent, un chantier clé pour sécuriser ses opérations et se conformer aux standards prudentiels de Bank Al-Maghrib.

La mission vise à doter le FEC d’un dispositif de contrôle interne plus robuste, plus moderne et mieux aligné sur les meilleures pratiques du secteur bancaire. L’ouverture des plis est prévue le 11 février 2026 à Rabat, au siège de l’institution. Derrière cette procédure technique se cache un enjeu central : garantir la fiabilité des opérations, prévenir les risques et renforcer la crédibilité d’un établissement qui joue un rôle structurant dans le financement des collectivités territoriales.

Une exigence réglementaire

En tant qu’établissement de crédit, le FEC évolue dans un environnement réglementaire de plus en plus exigeant. La circulaire de Bank Al-Maghrib relative au contrôle interne impose aux institutions financières de déployer des dispositifs adaptés à leur taille, à leur profil de risques et à la nature de leurs activités.

Le FEC dispose déjà d’une architecture sophistiquée : cartographie des risques opérationnels, manuel de procédures couvrant plus de 120 processus, système de gestion des incidents, audit interne structuré. Mais l’institution souhaite aujourd’hui franchir un nouveau palier en confiant à un expert externe une revue approfondie de sa fonction de contrôle permanent, rattachée à la Direction des Risques et Contrôle Permanent.

L’objectif est clair : disposer d’un cadre d’intervention clarifié, d’outils opérationnels performants et de méthodologies alignées sur les standards bancaires internationaux.

Une mission au cœur de la gouvernance

Le prestataire retenu devra intervenir sur plusieurs volets sensibles. D’abord, analyser l’organisation actuelle de la fonction de contrôle permanent et la comparer à celle d’institutions similaires, au Maroc ou à l’international. Ensuite, proposer une charte formalisant ses missions, ses pouvoirs et ses relations avec les autres fonctions de contrôle : conformité, audit interne, gestion des risques. Mais le cœur de la mission réside dans la conception d’outils concrets : fiches de contrôle de deuxième niveau, rapports types, canevas de reporting destinés aux instances de gouvernance, sans oublier une réflexion sur les solutions digitales susceptibles d’automatiser et fiabiliser les contrôles.

Un volet « transfert de compétences » est également prévu, à travers des missions pilotes menées conjointement avec les équipes du FEC, afin d’ancrer durablement les nouvelles pratiques.

Enfin, le prestataire devra revoir intégralement le manuel de contrôle interne, pour l’aligner sur les exigences réglementaires actuelles et intégrer les nouveaux dispositifs proposés.

Un signal fort pour les partenaires et les marchés

Au-delà de la technicité du dossier, cet appel d’offres envoie un message clair : le FEC entend consolider ses fondations internes pour accompagner, dans la durée, le financement des territoires marocains.

Dans un contexte marqué par la montée des exigences de transparence, de conformité et de gestion des risques, cette réforme silencieuse constitue un levier essentiel de crédibilité. Elle renforce la confiance des partenaires financiers, des autorités de supervision et, in fine, des collectivités bénéficiaires. Une modernisation discrète, mais stratégique, qui rappelle que la solidité d’une institution ne se mesure pas seulement à la taille de ses financements, mais à la rigueur de ses mécanismes de contrôle.

Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc