Le célibat pour le meilleur et pour le pire
« Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » , rangez le livre de conte de fées, cette histoire ne fait plus rêver les jeunes générations. En effet non seulement le nombre de mariage est en baisse constante depuis une cinquantaine d’années, mais de récentes statistiques de l’Insee montrent que l’âge moyen au mariage continue d’augmenter. Il atteint plus de 37 ans pour les femmes et presque 40 ans pour les hommes en 2022. On se marie moins et plus tard. Pacs, coupe libre, les alternatives sont nombreuses et continuent elles aussi de progresser en France… mais une autre vague de fond est en train de déferler sur le monde et particulièrement sur les pays de l’OCDE, le célibat ! Être célibataire n’est plus aujourd’hui signe d’échec mais de réussite pour les femmes, à en croire les couvertures de magazines féminins tel que Vogue qui titrait en fin d’année « Est ce devenu gênant d’avoir un petit copain en 2025 ? » . L’article est même devenu viral sur TikTok relayé et validé par les plus jeunes. Car ils sont de plus en plus nombreux, notamment parmi les 25-34 ans, à vivre sans conjoint ni partenaire : la proportion a doublé en cinquante ans aux États-Unis. Selon The Economist, ils représentent aujourd’hui 50 % des hommes et 41 % des femmes. Une tendance observée dans 28 des 38 pays de l’OCDE. En France, une enquête de 2022 révélait que 28 % des Français apprécient leur statut de célibataire. Mais, selon une autre enquête parue dans le Financial Times, le déclin du couple ne serait pas qu’un phénomène « occidental » , la même tendance se confirme dans des pays plus traditionnalistes. Dans le monde arabe, l’Algérie affiche un taux de célibat de 50 %, le Maroc 60% tandis que le Liban atteint 85 % quand en Iran le nombre de mariages a chuté de 40% en dix ans. Et le magazine fait le décompte : Si les taux de nuptialité étaient restés aussi élevés qu’en 2017, le monde compterait aujourd’hui 100 millions de célibataires de moins.
L’émancipation financière des femmes
L’ émancipation financière des femmes qui leur donne plus de liberté et moins de nécessité de se marier. Le mariage ne serait plus une valeur refuge. Les femmes font des études, accèdent plus facilement au marché de l’emploi et lorsqu’elles obtiennent leur autonomie financière, et bien elles choisissent leur indépendance. Alors pour les plus optimistes cela signerait peut être le retour du véritable romantisme ? Et bien pas vraiment. Pour la génération Z et Milléniale bien sûr le mariage est toujours fondé sur l’amour mais les femmes l’envisagent d’une manière beaucoup plus lucide et pragmatique. Revers de la médaille de l’autonomie financière : maintenant elles sont en position de choisir. Leur niveau d’instruction s’est également élevé dans la plupart des pays de l’OCDE et il dépasse en moyenne celui de leurs prétendants. Qu’auraient ils dans ce cas à mettre dans la corbeille ? Les hommes seraient devenus non seulement économiquement moins séduisants mais les femmes ont également élevé leurs standards. Toujours selon The Economist, les applications de rencontre ont fait naître des espoirs irréalistes : par exemple les femmes recherchent des hommes d’au moins 1,80 m, ce qui élimine d’emblée 85% des partenaires potentiels, ils doivent aussi partager les mêmes opinions politiques, le même niveau de salaire, et s’ils ne partagent pas les tâches ménagères alors n’en parlons plus. Cette évolution des relations amoureuses si elle tend vers plus d’égalité entre les sexes risque d’aggraver la chute déjà spectaculaire de la natalité, ce qui fait craindre aux économistes et sociologues des catastrophes en cascade : de la pénurie de logements, au risque d’explosion de nos systèmes sociaux et de retraites, polarisation de la société, montée des violences ou risque d’émergence de politiques pro-nataliste d’injonction. Mais finalement qu’y a t il de plus inquiétant la vague de célibat ? ou l’épidémie de solitude ? s’interrogeait dans son édition de l’été dernier l’hebdomadaire Newsweek révélant que le concept venait d’être officiellement reconnu comme un problème de santé publique par l’Organisation mondiale de la santé.
Source de l’article : Radio France



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