L’Afrique, grande oubliée de la fête olympique hivernale

L’Afrique, grande oubliée de la fête olympique hivernale

(SenePlus) – Malgré un record de participation égalé, l’Afrique reste un spectateur marginal aux Jeux d’hiver qui s’ouvrent en Italie. Avec seulement 15 représentants sur près de 2 900 athlètes, le continent peine à exister dans une compétition taillée pour « une petite partie de l’Occident enneigée » , comme le souligne une analyse publiée dans Le Monde ce 9 février 2026 par Mustapha Kessous.

C’est une délégation minuscule qui défilera sous les drapeaux africains à Milan et Cortina d’Ampezzo. Huit nations, dont l’Afrique du Sud, le Maroc, le Bénin, l’Érythrée et le Nigeria, envoient au total quinze sportifs. Si ce chiffre permet d’égaler le record établi à Pyeongchang en 2018, il ne représente qu’une goutte d’eau : à peine 0,5% des effectifs totaux.

Cette sous-représentation chronique (moins de cent athlètes africains depuis 1960) interroge la promesse d’universalité du Comité international olympique (CIO). Pour l’historien Michaël Attali, cité par Le Monde, le constat est sans appel : les JO d’hiver « ne sont pas des Jeux équitablement accessibles, ils sont réservés à une petite partie de l’Occident enneigée et à une élite sociale » .

Au cœur du problème : des critères de sélection jugés excluants. Lamine Guèye, figure historique du ski sénégalais et premier skieur noir aux JO en 1984, dénonce une volonté délibérée d’élitisme. « Le CIO a invisibilisé l’Afrique et les autres petites nations en réduisant le nombre de participants dans chaque épreuve pour proposer un spectacle de classe mondiale » , fustige-t-il dans les colonnes du quotidien français.

Cette analyse est partagée par Mustapha Berraf, président de l’Association des comités nationaux olympiques d’Afrique et membre du CIO, qui admet que les minima imposés agissent comme un « goulot d’étranglement très serré » pour les athlètes du continent, souvent dépourvus d’infrastructures adéquates.

Face à l’absence de neige et de glace, l’Afrique mise sur sa diaspora. La majorité des quinze qualifiés pour Milan-Cortina sont nés ou ont grandi en Europe et aux États-Unis. D’autres nations tentent des paris audacieux, comme le Kenya avec le curling, même si l’essai n’a pas été transformé pour cette olympiade.

Une lueur d’espoir pourrait venir de l’évolution du programme olympique. Michaël Attali évoque dans Le Monde l’étude de nouvelles disciplines pour les Jeux de 2030 en France, comme le trail ou le cyclo-cross. Des sports où les athlètes africains excellent déjà mondialement et qui pourraient enfin offrir au continent sa toute première médaille hivernale.

Source de l’article : SenePlus

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