La tomate marocaine irrite l’extrême droite espagnole
La progression fulgurante des exportations marocaines de tomate vers l’Union européenne continue d’alimenter les tensions politiques en Espagne. À Níjar, bastion agricole d’Andalousie, le parti d’extrême droite Vox relance l’offensive contre l’accord d’association entre l’UE et le Maroc, qu’il accuse de fragiliser les producteurs locaux.
La tomate marocaine est devenue un marqueur politique pour l’extrême droite espagnole. À Níjar, importante zone de production horticole de la province d’Almería, le groupe municipal de Vox a obtenu l’adoption d’amendements à une motion portée par la Fédération espagnole des associations de producteurs-exportateurs de fruits et légumes (FEPEX), visant explicitement l’accord d’association entre l’Union européenne et le Maroc.
Par la voix de sa porte-parole et adjointe au maire, Pilar Fenoy, Vox affirme vouloir « défendre l’intérêt des agriculteurs et des producteurs de tomate du муниципio » , dans un contexte qu’il juge alarmant pour la filière espagnole. En séance plénière, l’élue a mis en avant des chiffres fournis par la FEPEX : une baisse de 31 % de la production espagnole de tomate destinée à la consommation fraîche et un recul de 25 % des exportations vers le marché communautaire.
Le Maroc ciblé comme concurrent principal
C’est surtout la comparaison avec le Maroc qui cristallise les critiques. Selon Vox, les importations de tomate marocaine vers l’Union européenne auraient augmenté de 269 % ces dernières années, au point de dépasser l’Espagne comme premier fournisseur du marché communautaire. Une évolution présentée par le parti comme un « risque réel pour la compétitivité et le développement du secteur primaire espagnol » .
Dans ce discours, le Maroc est systématiquement désigné comme l’exemple d’une concurrence jugée déloyale, favorisée par les accords commerciaux avec l’Union européenne. Vox dénonce ce qu’il considère comme une asymétrie des règles, tant sur les normes de production que sur les contrôles aux frontières.
Exigence de contrôles renforcés et de « réciprocité » Les amendements portés par Vox à la motion de la FEPEX vont dans ce sens. Le parti réclame que le gouvernement espagnol et la Commission européenne garantissent une « réciprocité réelle » dans les échanges avec les pays tiers. Il appelle également à un renforcement des contrôles, de la traçabilité et des mesures contre la fraude sur l’origine et l’étiquetage des produits importés.
Pour Pilar Fenoy, la bataille se joue aussi à Bruxelles. Elle exhorte les eurodéputés espagnols à adopter une position « cohérente » avec la défense du secteur agricole national, estimant qu’il s’agit d’une condition indispensable pour assurer une concurrence loyale et une information transparente du consommateur européen.
Une offensive politique plus large
Au-delà du cas de Níjar, cette prise de position s’inscrit dans une stratégie plus globale de Vox, qui instrumentalise les difficultés du monde agricole pour attaquer à la fois les accords commerciaux de l’Union européenne et les partis traditionnels espagnols. La formation d’extrême droite accuse le Parti populaire et le Parti socialiste d’avoir soutenu des politiques qui « nuisent gravement à l’agriculture espagnole » .
Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc



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