La suppression des tarifs douaniers chinois offre de nouvelles opportunités commerciales au Maroc

La Chine mise sur la coopération africaine

Rabat-Pékin : opportunités et défis

La diversification des partenaires renforce la résilience

À l’occasion du 39e sommet de l’Union africaine, le président chinois Xi Jinping a annoncé la suppression totale des tarifs douaniers sur les importations en provenance de 53 pays africains, dont le Maroc. Cette mesure, qui entrera en vigueur le 1er mai 2026, vise à renforcer les échanges commerciaux et à faciliter l’accès des produits africains au marché chinois.

Dans le cadre d’un partenariat stratégique global avec l’Afrique, la Chine appliquera un régime de tarifs douaniers nuls à tous les produits importés de tous les pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques, à l’exception unique de l’Eswatini, l’ancien Swaziland.

La Chine mise sur la coopération africaine

L’objectif de la Chine avec cette mesure est clair : renforcer ses liens économiques avec les pays africains et élargir sa coopération commerciale avec le continent, dans un contexte international caractérisé par des tensions commerciales croissantes et une tendance protectionniste ascendante.

La mesure adoptée par le gouvernement de Xi Jinping permettra aux produits africains d’accéder au marché chinois sans barrières tarifaires, dans le cadre d’une stratégie commerciale visant à renforcer la coopération économique et à promouvoir le commerce entre la Chine et le continent africain.

Compte tenu des progrès de l’intégration régionale africaine, la Chine a réaffirmé son engagement à renforcer un partenariat stratégique global avec l’Afrique, en facilitant son accès à l’un des plus grands marchés du monde et en encourageant la diversification de ses exportations.

Avec cette mesure, le gouvernement de Pékin cherche à renforcer sa base continentale et à consolider son influence économique face à la menace d’autres grands concurrents commerciaux tels que les États-Unis et l’Union européenne. À cette fin, la Chine prévoit d’accélérer la conclusion d’un accord économique avec l’Afrique et de faciliter davantage l’entrée des produits africains sur son marché, en optimisant le « canal vert » d’une part, et en simplifiant les procédures d’importation d’autre part.

Dans cette optique, le commerce entre la Chine et l’Afrique a connu une augmentation de 17,7 % en glissement annuel en 2025, atteignant 348,05 milliards de dollars. Malgré le caractère positif de ce chiffre, il convient de souligner le déséquilibre commercial notable qui existe entre les deux parties : les exportations chinoises vers l’Afrique ont augmenté de 25,8 % (225,03 milliards de dollars), tandis que les importations africaines en provenance de Chine n’ont augmenté que de 5,4 % en glissement annuel, pour atteindre 123,02 milliards de dollars.

Cette situation peut constituer un avantage stratégique pour des pays comme le Maroc, qui cherchent à renforcer leurs exportations vers l’Asie, ainsi qu’à corriger le déséquilibre commercial structurel entre le pays nord-africain et le géant asiatique.

Rabat-Pékin : opportunités et défis

La décision du gouvernement chinois coïncide avec la volonté du Maroc de modifier son positionnement stratégique envers l’Asie, en maintenant un équilibre délicat entre son partenariat avec la Chine et ses relations avec les États-Unis.

La réalité commerciale du Maroc est principalement affectée par le poids des transactions du pays avec l’Union européenne, qui oscillent entre 60 et 70 %. Mais cela ne nie pas la volonté de Rabat de consolider ses relations commerciales avec les États-Unis, dont les récents tarifs douaniers ne l’ont pas affecté de manière significative, grâce à leurs faibles niveaux qui ne dépassent pas 10 %.

Dans un contexte géopolitique où le Maroc s’efforce de trouver un équilibre entre sa coopération avec la Chine et sa relation historique avec les États-Unis, le pays cherche à se présenter comme une plateforme stratégique pour le pays asiatique, ce qui lui permet de se repositionner dans les chaînes d’approvisionnement mondiales orientées vers les marchés américain et européen.

Le partenariat stratégique entre Rabat et Pékin, qui est entré en vigueur en 2016 après la visite du roi Mohammed VI en Chine, bénéficie des accords préférentiels du Maroc, faisant du géant asiatique un acteur important dans les mégaprojets marocains dans des secteurs vitaux tels que le ferroviaire et les industries automobile, électrique et des batteries.

Afin de pouvoir bénéficier de la suppression des droits de douane, dont l’impact reste limité, le Maroc doit transformer cette opportunité en part de marché, afin de tirer parti de l’accès à l’un des plus grands marchés du monde, capable d’offrir de meilleures opportunités au pays nord-africain.

À cet égard, l’exonération des tarifs douaniers représente un avantage concurrentiel que le Maroc pourrait exploiter pour structurer une offre exportatrice forte vers la Chine, grâce aux mesures suivantes :

Améliorer la qualité et réduire les coûts de production.

Rechercher des moyens de développer la compétitivité de ses produits.

Revoir la structure actuelle du commerce intracommunautaire afin de garantir un meilleur équilibre à l’avenir.

Intégrer les produits agroalimentaires et les produits de la mer.

Augmenter les exportations de phosphates et de dérivés.

Développer l’offre exportatrice de l’industrie automobile, du câblage et du textile.

Étudier les normes chinoises et tenir compte de la compétitivité des prix.

Améliorer la logistique et les chaînes d’approvisionnement.

La diversification des partenaires renforce la résilience

Dans ses relations commerciales, le Maroc mise sur la diversification de ses partenaires internationaux afin de réduire sa dépendance vis-à-vis de l’UE et d’accroître la résilience de son économie nationale.

C’est pourquoi le pays a choisi d’élargir son réseau de partenaires économiques, dans le cadre d’une politique étrangère proactive qui veille à protéger les intérêts du pays, tout en maintenant un équilibre entre toutes les parties prenantes.

Le Maroc se trouve ainsi lié à de nouveaux marchés tels que les États-Unis, la Turquie et la Chine, en application directe d’une stratégie nationale qui favorise l’ouverture vers de nouveaux horizons commerciaux sans perdre les relations historiques qui unissent le pays à ses partenaires traditionnels.

Source de l’article : Atalayar

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