La saison marocaine de la myrtille très attendue à cause des aléas climatiques

Alors que le marché mondial de la myrtille entre dans une nouvelle saison marquée par des tensions sur l’offre et une forte concurrence entre origines, le Maroc s’impose comme l’un des acteurs les plus attendus par les marchés européens. Selon des sources professionnelles, la campagne marocaine pourrait jouer un rôle déterminant dans l’équilibre de la saison à venir.

Entre retards climatiques, hausse des volumes et pression sur les prix, la campagne marocaine pourrait jouer un rôle déterminant, puisque les acheteurs globalement peu satisfaits de la qualités des myrtilles produites dans d’autres pays, attendent impatiemment les récoltes du Maroc, qui devraient accuser un retard de deux à trois semaines. « Le marché mondial de la myrtille entame une nouvelle saison dans un contexte de redistribution active des approvisionnements entre les pays d’origine et de pression croissante sur les prix » , indique le site spécialisé East Fruit.

Face à des retards climatiques, hausse des volumes et pression sur les prix, la campagne marocaine est très attendue pour équilibrer les marchés. En Europe, la disponibilité en début de saison est largement influencée par les importations en provenance de l’hémisphère Sud, principalement du Chili et du Pérou, souligne East Fruit.

Du côté des producteurs nords-africains et européens, les conditions météorologiques défavorables continuent de retarder le démarrage des saisons locales dans plusieurs pays producteurs.

En Espagne par exemple, les conditions climatiques freinent fortement l’arrivée des premières myrtilles. A Huelva, la région connue pour la culture des fruits rouges dans le pays ibérique, les températures sont très basses depuis décembre, (inférieures à +5 °C), et connait une couverture nuageuse prolongée et des précipitations persistantes. « En conséquence, les variétés précoces accusent un retard et les volumes restent bien en deçà des niveaux saisonniers habituels » , indique la même source qui ajoute que même si les myrtilles espagnoles soient déjà présentes sur les étals européens, le marché demeure dominé par les approvisionnements en provenance du Pérou, du Chili et de l’Afrique du Sud.

Le secteur devrait montrer d’ici la mi février son vrai potentiel, notamment avec la production de différentes variétés pour mieux concurrencer les fournisseurs sud-américains, mais les acteurs agricoles s’inquiètent de la montée en puissance de la concurrence marocaine et égyptienne, ainsi qu’à l’expansion rapide des plantations de myrtilles au Portugal.

Les producteurs font également face à des problèmes de qualité touchant les myrtilles espagnoles à cause d’un excès d’humidité provoqué par les conditions météorologiques et affectant le produit final à l’export. « En France, le marché reste également porté par les importations, principalement en provenance d’Espagne, du Maroc et du Pérou » , indique le site spécialisé, précisant que les prix de janvier demeurent relativement stables, bien que de légères baisses soient observées sur certains segments en raison d’une disponibilité accrue et d’une concurrence renforcée entre les origines.

La production marocaine quant à elle, a commencé en retard en 2025 et par rapport à la même période l’année précédente. Il s’agit d’un retard estimé à trois semaines en raison de conditions météorologiques défavorables. La culture des myrtilles demande des températures modérées et un climat chaud pour que les fruits soient gorgés de soleil. « Les premières récoltes rencontrent des difficultés liées à la coloration des fruits et aux niveaux de Brix, mais les volumes globaux devraient augmenter grâce à l’extension des superficies plantées. Le pic de production est attendu pour le mois d’avril, sous réserve d’une stabilisation des conditions climatiques » , indique East fruit.

L’Egypte se montre comme un autre concurrent nord-africain pour ce secteur,

et profite d’une fenêtre d’exportation précoce qui s’étend jusqu’au mois de mai, avec un pic de récolte entre février et mars. Les professionnels du secteur voient un bon potentiel pur l’Egypte, qui a des niveaux très limités actuellement, mais estiment que le pays pourrait devenir un acteur plus important au cours des cinq à sept prochaines années, en complément de l’offre du Maroc.

Enfin pour le Chili, la qualité des fruits était « globalement satisfaisante » lors des premières semaines, mais des lots plus faibles sont apparus récemment, incitant les acteurs du marché à se tourner vers la prochaine saison marocaine comme source potentielle de produits de haute qualité.

Les producteurs estiment que la saison marocaine devrait débuter avec environ deux semaines de retard en raison du froid, ce qui pourrait entraîner un déficit temporaire d’offre et des prix de lancement très élevés.

Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc

À LIRE AUSSI