La protection des données au cœur de la finance de demain
28 « La protection de la donnée à caractère personnel au service de la finance » est le thème d’une conférence organisée mardi à Marrakech, avec la participation des présidents et dirigeants des autorités de protection des données à caractère personnel en Afrique ainsi que des experts et spécialistes du domaine.
Initiée par la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP), en marge de l’Africa Pay & ID Expo (APIDE 2026), le salon leader dans le domaine des technologies de paiement, de la sécurité numérique et de l’identification en Afrique, cette journée a permis de favoriser les échanges entre les régulateurs et les innovateurs, avec pour vocation de définir les nouveaux contours d’un écosystème financier à la fois performant, sécurisé et respectueux des droits des individus.
Cette rencontre a offert l’opportunité pour des experts de premier plan pour partager leur vision sur des sujets d’actualité tels que la protection des données dès la conception (Privacy by Design), la blockchain, l’OpenBanking et l’essor de la FinTech, des innovations qui ont redéfini aujourd’hui les services financiers, créé de nouvelles opportunités et posent également des défis importants et inédits en rapport avec la protection des données à caractère personnel.
Cette conférence a aussi permis d’aborder la question de la conciliation entre innovation et droit fondamental à la protection de la vie privée ainsi que les moyens à même de faire de la confiance numérique un véritable moteur de la finance de demain.
Intervenant à cette occasion, le président de la CNDP, Omar Seghrouchni, a souligné que la coopération régionale est devenue indispensable pour une protection efficace des données à caractère personnel en Afrique, appelant les autorités de protection des données à structurer des mécanismes opérationnels de coopération et d’échange d’informations à l’échelle continentale.
Dans ce contexte, il s’est réjoui que la protection des données soit devenue une réelle priorité en Afrique, relevant l’impératif de prendre en compte les nouvelles évolutions, de s’y adapter et de gérer la protection des données à caractère personnel dans ces nouveaux contextes et ces nouveaux usages.
Relevant que le continent africain a aujourd’hui beaucoup avancé en matière de protection des données, M. Seghrouchni a noté que la protection de la donnée à caractère personnel est devenue à l’heure actuelle un élément fondamental de la compétitivité et le moteur du développement, indiquant que la CNDP compte organiser prochainement un séminaire sur la transparence algorithmique, qui est un concept fondamental pour étudier les évolutions récentes de l’intelligence artificielle et des mécanismes automatisés.
Le spécialiste de la Blockchain, Badr Bellaj, a de son côté, souligné que la blockchain offre des avantages majeurs en matière de protection des données à caractère personnel grâce à son architecture décentralisée.
Cet expert a expliqué que contrairement aux systèmes traditionnels centralisés, où les informations sont stockées sur un serveur unique vulnérable aux cyberattaques, la blockchain répartit les données sur un réseau de nœuds, ce qui réduit considérablement les risques de piratage, de falsification ou de perte massive de données.
De son côté, le spécialiste de la Transformation Digitale et Intelligence Artificielle, Salah Baina, a abordé le concept de l’OpenBanking, qui constitue une avancée majeure dans le secteur financier en favorisant l’innovation, la concurrence et l’amélioration des services aux usagers.
En permettant le partage sécurisé des données bancaires, avec le consentement explicite des clients, cette technologie ouvre la voie à de nouvelles solutions numériques telles que la gestion intelligente des finances personnelles, les paiements instantanés ou encore les offres de crédit personnalisées, a-t-il expliqué.
L’expert de la FinTech, Nasser Kettani, a pour sa part, évoqué le volet relatif à la FinTech face à sa responsabilité data, relevant que « la protection des données est devenue un enjeu de justice, de confiance et de résilience sociétale » .
Au terme de cette rencontre, plusieurs recommandations ont été adoptées. La première concerne un modèle permettant de travailler sur l’harmonisation des lois, alors que la deuxième se rapporte à l’adoption d’un modèle qui permet aux autorités de la protection des données à caractère personnel en Afrique d’évoluer. « La dimension juridique de la protection de l’individu demeure et ne sera pas abandonnée, mais elle sera renforcée par le développement d’une économie de la donnée, par le développement et l’impact économique, ainsi que par la protection des données au niveau de l’État et au niveau de la société » , lit-on dans ces recommandations.
La troisième recommandation concerne les compétences à former, qui doivent se situer à mi-chemin entre les compétences juridiques, les compétences organisationnelles et managériales, et les compétences techniques.
Les participants ont aussi convenu d’activer les actions de sensibilisation, de communication, d’explication et de formation.
Source de l’article : EcoActu.ma


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