La plupart des voyageurs québécois maintiennent leurs plans

Après avoir capturé le président du Venezuela, Donald Trump a prédit la « chute » de Cuba. Ces menaces ont incité certains voyageurs québécois à annuler leur séjour là-bas, mais la plupart d’entre eux maintiennent leurs projets de vacances dans l’île des Caraïbes. « Cuba semble prêt à tomber. Je ne sais pas s’il va tenir le coup » , a affirmé le président américain, dimanche, au lendemain de l’opération américaine ayant mené à l’arrestation du dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro.

M. Trump a assuré qu’il n’avait pas l’intention d’utiliser la force militaire pour provoquer la chute du régime cubain. Mais selon lui, « Cuba ne survit que grâce au Venezuela » , principalement d’un point de vue économique, a-t-il avancé.

Chez les voyageurs québécois, pour qui ce pays des Caraïbes est une destination soleil prisée, les propos de l’homme fort de la Maison-Blanche changent-ils la donne ?

Réponse : la majorité des personnes qui ont échangé avec La Presse se rendront tout de même à Cuba. « Je ne vois pas pour quelle raison je n’irais pas. Je ne changerai pas mes plans à moins que j’y sois obligée » , explique au téléphone Kim Harvey, agente de voyages, qui s’y rendra elle-même à la mi-février. Elle y a déjà fait un voyage de groupe à l’automne. « Si on se fie aux menaces de M. Trump, nous n’irons malheureusement plus nulle part dans le monde. J’y vais en connaissance de cause, dit-elle. Si tout le monde arrête d’y aller, ce pays-là va mourir » , ajoute-t-elle, notant que le tourisme y est une source importante de revenus.

Kym Bouchard, habituée et amoureuse de Cuba, voyage plutôt pour y aider ses amis. Elle part le 31 janvier, puis compte y retourner en juin, avec des valises remplies de matériel essentiel : soins, médicaments, nourriture. « Quand tu sors des zones touristiques, c’est quelque chose. Des gens meurent, ils ont besoin d’aide » , souligne-t-elle en entrevue.

Les effets de la capture du président Maduro et les menaces envers Cuba, encore fraîches, ne semblent pas se faire sentir pour les voyageurs québécois qui s’y trouvent actuellement.

Des dizaines de commentaires sur Facebook mentionnent qu’en ce moment, les vacanciers peuvent profiter d’un passage parfaitement normal, que le temps est bon, et que l’instabilité politique rapportée dans les médias ne se ressent pas sur le bord de la plage.

Pas de panique

Devant cette situation, l’Association des agents de voyages du Québec (AAVQ) a invité ses membres « à faire preuve de retenue et à éviter les interventions médiatiques pour le moment » , afin de ne pas « alimenter l’inquiétude » .

Selon Moscou Côté, président de l’AAVQ, il serait « très prématuré » de tirer des « conclusions opérationnelles » – soit d’annuler des séjours – après les commentaires du président américain, lit-on dans une publication du site PAX Nouvelles, un média consacré à l’industrie du voyage.

Moscou Côté souligne qu’il n’y a pas de recommandation formelle du gouvernement canadien aux voyageurs qui se rendent à Cuba, à la suite des déclarations de Donald Trump, et déplore que l’industrie touristique soit généralement la première touchée dans ce genre de situations.

La dernière mise à jour des avertissements aux Canadiens se rendant à Cuba, sur le site web du gouvernement, remonte au 23 décembre.

Ottawa recommande néanmoins de « faire preuve d’une grande prudence à Cuba en raison des pénuries de produits de première nécessité » , mais ne mentionne pas les menaces du président américain.

Quelques annulations

Certains voyageurs ont tout de même souhaité jouer de prudence et ont revu leurs plans de vacances.

C’est le cas de Bruno Sabourin, un habitué de Cuba, qui ira plutôt à Puerto Vallarta, au Mexique, pensant y trouver davantage de stabilité. « En cas de bouleversements politiques, le soulèvement sera facile, selon moi » , a-t-il mentionné.

Sophie Bouchard compte quant à elle opter pour le Maroc ou la Tunisie plutôt que de se rendre à Cuba. « J’ai besoin de vacances, de soleil, de la plage. Sauf que mon mari est latino : il a peur que les Américains commencent à être interventionnistes. On n’a pas envie d’aller dans une région où on pourrait se mettre à risque » , confie-t-elle. « Content de ne pas avoir réservé mon forfait » , ajoute un autre voyageur, Eric Parent. « Pour que j’y aille, la situation dans les Caraïbes devra être moins tendue qu’elle ne l’est en ce moment » , affirme-t-il sur Facebook.

D’autres voyageurs québécois sollicités sur Facebook se sont dits inquiets de la fragilité géopolitique de la région, et ont affirmé qu’ils éviteront Cuba – surtout si des avertissements sont faits par les autorités.

Source de l’article : La Presse