La passion marocaine d’Yves Saint Laurent
En 1966, Yves Saint Laurent découvre le Maroc. Il tombe immédiatement sous le charme de Marrakech qui devient pour le créateur une source d’inspiration. « Au Maroc, j’ai compris que mon propre chromatisme était celui des zelliges, des zouacs, des jellabas et des caftans. Les audaces qui sont depuis les miennes, je les dois à ce pays, à la violence des accords, à l’insolence des mélanges, à l’ardeur des inventions. Cette culture est devenue la mienne, mais je ne me suis pas contenté de l’importer, je l’ai annexée, transformée, adaptée » , témoigne-t-il en 1983.
Pour Yves Saint Laurent, les couleurs éclatantes des souks et jardin et en particulier le Jardin de Majorelle, lui ont procuré une audace qu’il a déployé en faveur de sa palette de couleurs. Révolutionnaire pour l’époque.
Les vêtements traditionnels marocains comme la Djellaba, le Tarbouch ou le Jabador sont devenus une illumination qu’il mit réinterprète à l’envi pour créer des silhouettes uniques et des pièces iconiques.
Le créateur s’intéresse également des près aux caftans et aux motifs de zellige qui devienennt autant de sources d’inspiration lui permettant de donner vie à de nouvelles textures, motifs et techniques.
Cette source d’inspiration intarissable le pousse à revenir à Marrakech deux fois par an, en décembre et en juin, pour dessiner ses collections, dans lesquelles désormais la couleur est maîtresse.
Un patrimoine urbain révélateur d’influence
Dar el-Hanch fut la première maison que le créateur a acquis avec Pierre Bergé à Marrakech donnant lieu à un dessin de serpent qu’il mit dans ses correspondances et carte de voeux, faisant de ce motif un symbole personnel et domestique. Le serpent YSL est ainsi un motif fort, ancré dans l’histoire personnelle du couturier avec le Maroc, visible dans ses créations artistiques et ses objets fétiches.
Après la vente de Dar el- Hanch, ce sera le tour de Dar Es Saada d’insuffler de nouvelles idées à Yves Saint Laurent pour de nouveaux croquis, Sa proximité du Jardin Majorelle le pousse à le fréquenter régulièrement donnant naissance à la palette de couleur Bleu majorette pour sa collection suivante.
Y
Yves Saint Laurent et Pierre Bergé chargent Bill Willis de la rénovation de la villa, qu’ils nommeront « Villa Oasis » . Ils lui confient également la décoration de l’atelier, dans lequel ils aménagent un musée d’art islamique.
Très tôt, Pierre Bergé et Yves Saint Laurent s’intéressent également de près à la culture berbère, à ses motifs et textiles. il s’en inspirera pour ses croquis.
En 2011, le musée d’art islamique devient le musée berbère au sein du Jardin Majorelle, dans l’ancien atelier du peintre. On y retrouve les 600 objets issus de la collection léguée par Pierre Bergé.
À la mort d’Yves Saint Laurent en 2008, ses cendres furent dispersées dans le Jardin Majorelle, rejointes en 2017 par celles de Pierre Bergé, décédé avant l’inauguration du Musée Yves Saint-Laurent Marrakech en 2018.
Dans ce musée, trônent des pièces de Haute Couture, une sélection de vêtements du créateur, ainsi que des bijoux et accessoires.
Dès le 31 Janvier 2026, l’exposition « Yves Saint Laurent en scène » dédiée aux costumes et décors de théâtre, music-hall et ballet s’introduira au sein du Musée Yves Saint Laurent Marrakech (mYSLm). « Yves Saint Laurent en scène » met en avant une scénographie immersive au visiteur au sein des coulisses. Ainsi, apparaissent des dessins préparatoires très vivants, des costumes originaux parfois confectionnés par les ateliers renommés Karinska, des décors et des archives rares. C’est une invitation au public à la saisie de l’instant précis où le croquis devient costume, où le tissu « rend le personnage vivant » , dans un hommage constant à la couleur de Léon Bakst.
Ainsi, la création des différents musées, l’importation de la culture marocaine à l’international et les investissements du couturier témoignent de l’amour inconditionnel d’Yves Saint Laurent pour le Maroc. Marrakech est également devenue une source d’inspiration pour d’autres créateurs, et se positionne désormais comme une ville pleine de promesses pour les jeunes talents.
Source de l’article : femmesdumaroc.com



Laisser un commentaire