La grande bascule du dirham marocain attendra

Dans un contexte international marqué par l’incertitude et un ralentissement de la croissance mondiale (attendue à 3,1 % en 2025), l’économie marocaine affiche une forte résilience. BAM prévoit une accélération de la croissance nationale à 5 % cette année, portée par le dynamisme des activités non agricoles et une hypothèse de retour à la normale pour l’agriculture. L’inflation, véritable bête noire des années précédentes, reste sous contrôle à des niveaux bas (0,8 % en moyenne sur les dix premiers mois de 2025) et devrait converger doucement vers 1,9 % à l’horizon 2027. Face à ces fondamentaux solides et des anticipations d’inflation bien ancrées, Abdellatif Jouahri et son équipe ont opté pour la stabilité monétaire, laissant le taux directeur à 2,25 %, rapporte Challenge.

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Le Wali de la Banque centrale a profité de cette tribune pour dévoiler la feuille de route vers la libéralisation du régime de change. Contrairement aux rumeurs d’un basculement imminent, la transition se fera en douceur. L’année 2026 sera une année « d’essai » consacrée au ciblage de l’inflation, avec l’appui technique du FMI et de la Banque mondiale. L’application effective de cette flexibilisation accrue n’interviendra progressivement qu’à partir de 2027, le temps pour les opérateurs économiques de s’adapter à cette nouvelle donne. Le dirham, quant à lui, reste pour l’instant aligné sur les fondamentaux, bien qu’une dépréciation soit anticipée pour les deux prochaines années.

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Enfin, BAM muscle son jeu en faveur des PME. Constatant que plus de 40 % des demandes de crédit sont rejetées par les banques, l’institution va déployer un « Scoring national » basé sur l’intelligence artificielle pour évaluer les dossiers. Les banques seront désormais tenues d’utiliser cet outil et de justifier tout refus contraire au score obtenu. Une mesure forte, couplée à l’accompagnement d’acteurs comme Maroc PME, pour sortir les petites entreprises de la vulnérabilité et soutenir l’investissement privé, moteur de la croissance future.

Source de l’article : Bladi.net