La gouvernance d’entreprise, gage de transparence et levier de compétitivité

La cérémonie de lancement des nouveaux codes des bonnes pratiques de gouvernance, mercredi dernier à Casablanca, a permis de croiser les regards de plusieurs institutions sur les enjeux réels de la bonne gouvernance, et les conditions d’adoption des codes édités. Les intervenants ont insisté sur la nécessité d’une appropriation progressive, adaptée aux réalités des entreprises marocaines, et sur l’importance de la transparence dans la gouvernance, gage de compétitivité.

Pour Anouar Alaoui Ismaili, directeur général de Maroc PME, il ne fait plus aucun doute que « la bonne gouvernance n’est plus un luxe réservé aux grandes entreprises, mais un levier de compétitivité » .

Concernant les codes qui viennent d’être lancés, il a estimé que la confiance que forge la transparence sera le premier facteur d’appropriation. ; ce qui permettra, in fine, de renforcer la résilience et la performance des entreprises. Pour ce faire, Maroc PME, a-t-il ajouté, s’emploiera à sensibiliser les acteurs à travers des ateliers et des focus groupes, afin de mettre en relief les gains liés à l’adoption des pratiques de bonne gouvernance.

Du côté du patronat, Safae Fikri, membre du bureau de la Commission éthique et gouvernance de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), a mis en avant le mécanisme du comply or explain. « L’ambition est d’inscrire l’écosystème dans une logique de progrès et de progressivité » , a-t-elle expliqué, en rappelant que le code est présenté comme un référentiel volontaire pour les TPME. Elle a insisté sur l’ancrage dans les chaînes de valeur internationales et sur le financement, enjeu clé de la gouvernance. Pour engager les petites entreprises, elle a évoqué la nécessité de simplifier, expliquer et même traduire le code, en misant sur la collégialité et la persévérance.

Bonne gouvernance: vers une adoption normative et inclusive

Pour Othman Khalil El Alami, secrétaire général de l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS), les codes édictés viennent en appui au nouveau statut prudentiel du secteur assurantiel. Apportant une dimension de plus au débat, il a souligné l’importance de la gouvernance de la donnée. « On ne peut pas faire un tarif si l’on n’a pas une donnée fiable » , a-t-il affirmé dans ce sens, rappelant que la donnée est désormais un facteur stratégique.

Nabil Badr, directeur intérimaire de la supervision bancaire à Bank Al-Maghrib, a, pour sa part, rappelé que « le référentiel de ce code de bonne gouvernance est obligatoire » . Il a décliné trois principes structurants : gestion des risques, stratification des directions et comitologie.

Faisant le parallèle avec la loi bancaire de 2014, il a insisté sur la proportionnalité, la progressivité et l’adaptation au contexte légal. Nabil Badr a également mis l’accent sur des aspects lui paraissant essentiels en matière de bonne gouvernance, à savoir : l’intégration des femmes, la lutte contre la corruption et la limitation du cumul des mandats. Pour lui, l’efficacité reste la finalité, et a signalé, pour finir, que la charte des TPE récemment adoptée place la gouvernance au cœur des priorités.

Source de l’article : H24info