La généralisation au Maroc des systèmes de management anti-corruption est engagée
Après une expérience pilote menée avec les régulateurs du secteur financier, l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC) entend désormais généraliser l’approche à l’ensemble des organisations publiques et privées. L’Instance vient ainsi de lancer un appel d’offres pour l’élaboration d’un Guide pratique destiné à encadrer la conception, le déploiement et l’évaluation des systèmes de management anti-corruption à l’échelle nationale. L’initiative s’inscrit dans la continuité d’un partenariat quadripartite réunissant l’INPPLC, Bank Al-Maghrib, l’Autorité marocaine du marché des capitaux et l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale.
Cette collaboration avait permis l’élaboration d’un premier Guide anti-corruption à destination des acteurs du secteur financier, visant à clarifier les concepts liés à la corruption, à structurer les dispositifs de prévention et à identifier les facteurs clés de succès d’une stratégie efficace en la matière. Les résultats de cette première phase sont significatifs : plus de 1.600 cadres sensibilisés et formés aux enjeux d’intégrité, organisation d’ateliers d’échange de bonnes pratiques, élaboration de cartographies des risques de corruption et certification ISO 37001 de régulateurs et de certaines institutions financières.
Forte de cette expérience, l’INPPLC souhaite donc capitaliser sur les acquis pour proposer une boîte à outils complète destinée aux organes décisionnels des organisations publiques et privées. L’objectif est de leur fournir des orientations pratiques, des modes opératoires et des exemples concrets permettant d’établir un état des lieux de l’éthique et de l’intégrité au sein de l’organisation, de concevoir un dispositif d’éthique et d’intégrité conforme aux normes et aux meilleures pratiques et d’assurer une mise en œuvre efficace du système.
Il s’agit, également, de clarifier les rôles et responsabilités et de mettre en place des mécanismes de suivi et d’évaluation de la performance. Ce projet s’inscrit dans un cadre plus large d’engagements internationaux du Maroc en matière de lutte contre la corruption. Depuis la fin des années 1990, plusieurs plans gouvernementaux ont été adoptés, tandis que le Royaume a ratifié la Convention des Nations unies contre la corruption en 2007, adhéré à la convention arabe en 2010 et finalisé, en 2022, la ratification de la convention africaine de lutte contre la corruption. Par ailleurs, la norme ISO 37001 relative aux systèmes de management anti-corruption a été adoptée en 2017 en tant que norme marocaine.
Le Guide attendu se veut un document pratique et évolutif, intégrant les évolutions des exigences en matière d’éthique et les nouvelles formes de corruption. Afin d’en garantir l’appropriation effective, il sera accompagné d’un programme de formation de formateurs destiné au personnel de l’INPPLC et à ses partenaires, notamment les instances de régulation et les associations professionnelles.
À travers cette démarche, l’Instance cherche à faire du management des risques de corruption un standard organisationnel et non une simple exigence formelle. Dans un environnement où la transparence et la responsabilité conditionnent la confiance des citoyens et des acteurs économiques, la généralisation de dispositifs structurés d’intégrité apparaît comme un levier central de consolidation de la gouvernance nationale.
Source de l’article : Le Matin.ma



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