La BM s’apprête à valider un financement de 300 M$ pour le Maroc
La Banque mondiale s’apprête à approuver ce vendredi 20 mars 2026 un nouveau programme dédié au renforcement du système financier marocain, avec un financement de 300 millions de dollars. Cette opération, inscrite dans le cadre du « Morocco Climate & Risk Finance Program » , vise à mobiliser davantage de financements pour le climat, améliorer la résilience face aux chocs et étendre l’inclusion financière, notamment à travers les services numériques.
Préparé depuis décembre 2025, le programme arrive ainsi à une étape décisive de son cycle, avec une validation attendue ce vendredi 20 mars. Il s’inscrit dans un format de financement dit « Program-for-Results » (PforR), qui lie les décaissements à l’atteinte de résultats concrets, en s’appuyant sur les systèmes nationaux.
Le dispositif repose sur un coût total d’opération de 300 millions de dollars, entièrement financé par la Banque mondiale. Il s’intègre dans un programme gouvernemental plus large estimé à 1,2 milliard de dollars, traduisant l’ampleur des besoins en matière d’investissement, en particulier dans les domaines liés au climat et à la résilience économique.
L’objectif affiché est de renforcer la capacité du secteur financier à mobiliser des ressources, notamment privées, pour accompagner les priorités climatiques du pays, tout en consolidant les mécanismes de protection face aux risques. Le programme ambitionne également d’élargir l’accès aux services financiers digitaux, dans un contexte où leur adoption reste encore inégale.
Le document souligne que le Maroc fait face à des besoins d’investissement élevés, notamment pour l’adaptation au changement climatique, la modernisation des infrastructures et le renforcement de la protection sociale. Ces exigences interviennent dans un contexte de contraintes budgétaires accrues et de vulnérabilité aux chocs.
Plus de 30 % de la population et environ un tiers du produit intérieur brut seraient exposés à des risques multiples. Le changement climatique accentue ces pressions, avec des projections faisant état d’une baisse possible du PIB allant jusqu’à 6,5 % à long terme. Les épisodes récents, notamment les sécheresses successives et le séisme d’Al Haouz en septembre 2023, ont mis en évidence la nécessité de renforcer les dispositifs de financement des risques.
Le programme s’articule autour de trois axes principaux. Le premier vise à mobiliser des financements à long terme pour soutenir les projets liés au climat, en améliorant leur viabilité et en favorisant la participation du secteur privé. Le second porte sur le développement des mécanismes de financement des risques, avec l’objectif d’élargir la couverture assurantielle et d’améliorer la capacité de réponse aux catastrophes. Le troisième axe concerne le renforcement de la résilience du secteur financier face aux risques climatiques, aux catastrophes et aux menaces émergentes, notamment cyber.
Plusieurs indicateurs de résultats ont été définis, parmi lesquels le nombre de projets alignés sur les objectifs climatiques, le volume de produits d’assurance couvrant les risques, la disponibilité de financements préalablement mobilisés en cas de choc, ou encore le nombre de commerçants acceptant les paiements digitaux.
Le document met en avant le rôle central du secteur financier dans la transition vers une économie plus résiliente et inclusive. Il relève toutefois des marges de progression, notamment en matière de mobilisation de capitaux privés, de profondeur des marchés financiers et d’accès au financement pour les petites et moyennes entreprises.
Le recours à un programme intégré est présenté comme un moyen de coordonner les différentes stratégies nationales existantes, notamment en matière de finance climat, de gestion des risques et d’inclusion financière. L’approche retenue vise à structurer les réformes, à renforcer les capacités institutionnelles et à améliorer l’efficacité de l’allocation des ressources.
La période de mise en œuvre du programme s’étendra de 2026 à 2030, en cohérence avec les stratégies nationales déjà engagées.
Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc



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