Kamal Hidane : « Le semis direct n’est plus expérimental mais structurel »
Kamal Hidane
Directeur régional de l’agriculture de Fès-Meknès
Quels dispositifs d’accompagnement la direction a-t-elle mis en œuvre pour soutenir la campagne 2025-2026 ?
L’accompagnement des structures régionales et provinciales se traduit par la structuration des programmes et l’incitation à l’usage d’intrants techniques performants. Nous suivons avec attention le programme de multiplication de semences afin de garantir la disponibilité future de variétés certifiées de qualité.
Parallèlement aux grandes cultures, nous avons lancé un programme de maraîchage d’hiver portant sur 9.569 hectares. Il vise à assurer l’approvisionnement du marché en produits essentiels comme la pomme de terre et l’oignon. La dynamique de réalisation de ce programme s’accélère actuellement grâce aux récents apports hydriques.
Comment la région prépare-t-elle les exploitations agricoles à faire face au stress hydrique récurrent ?
L’approche régionale vise une résilience pratique et mesurable. Le point central de cette campagne concerne le virage vers le semis direct. Nous avons atteint 59.231 hectares réalisés selon cette technique conservatrice. Elle permet de valoriser chaque millimètre de pluie et de protéger les sols contre l’érosion.
Ce volume de réalisation prouve que le semis direct n’est plus une pratique expérimentale mais qu’elle est massivement adoptée par les producteurs. Nous encourageons également la diversification des revenus par l’introduction de cultures alternatives comme le colza ou les plantes arômatiques, notant que l’irrigation raisonnée reste aussi un levier de sécurisation indispensable pour plus de 20.000 hectares de grandes cultures.
Quelles sont les retombées économiques attendues pour les agriculteurs de la région au terme de cette campagne ?
Il est possible de formuler des perspectives réalistes et positives sur la base des indicateurs actuels. Le cumul pluviométrique approchant les 300 mm et l’état végétatif des cultures permettent d’espérer des rendements céréaliers supérieurs à la moyenne quinquennale. L’abondance des parcours et la réussite des fourrages vont soulager la trésorerie des éleveurs en réduisant les charges d’alimentation.
L’installation réussie de plus de 600.000 hectares de cultures génère une activité intense qui réinjecte de la liquidité dans le tissu économique rural. La priorité est désormais de consolider ces acquis par un suivi technique rigoureux.
Mehdi Idrissi / Les Inspirations ÉCO
Source de l’article : LesEco.ma



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