JP Morgan prépare un nouvel indice obligataire où le Maroc figure en bonne place
Le siège de JP Morgan, à New York, aux États-Unis. Crédit : JP Morgan
Le Maroc pourrait prochainement gagner en visibilité auprès des investisseurs internationaux spécialisés dans les marchés frontières. Selon des informations rapportées par Reuters, JP Morgan finalise la création d’un nouvel indice dédié aux obligations souveraines en monnaie locale des pays dits « frontier markets » , un segment jugé plus risqué, mais offrant des rendements élevés et une diversification accrue.
D’après plusieurs gestionnaires d’actifs consultés par la banque américaine, le futur indice devrait couvrir entre 20 et 25 pays, parmi lesquels le Maroc figure dans le groupe des marchés les plus fortement pondérés, aux côtés notamment de l’Égypte, du Vietnam, du Kenya, du Nigeria ou encore du Pakistan. Un signal fort pour le Royaume, qui s’est progressivement imposé ces dernières années comme l’un des marchés obligataires les plus structurés du continent africain.
Le projet intervient dans un contexte favorable : recul du dollar sur un an, regain d’appétit pour le risque et performances spectaculaires observées récemment dans certains marchés frontières comme l’Argentine ou l’Équateur. Pour JP Morgan, il s’agit aussi de répondre à une demande croissante des investisseurs institutionnels pour des produits indexés sur la dette locale, perçue comme moins exposée aux chocs de change que la dette libellée en devises fortes.
Selon les premières consultations, aucun pays ne devrait dépasser un plafond de pondération compris entre 8 % et 10 %, afin d’éviter une concentration excessive du risque. Les obligations éligibles devront par ailleurs afficher une taille minimale équivalente à 250 millions de dollars et une maturité résiduelle supérieure à 2,5 ans, des critères que le Maroc est en mesure de satisfaire compte tenu de la profondeur relative de son marché domestique.
Pour le Royaume, une inclusion significative dans ce type d’indice de référence pourrait avoir plusieurs effets vertueux. D’une part, elle renforcerait l’attractivité des bons du Trésor marocains auprès des grands fonds internationaux qui répliquent ou utilisent les indices JP Morgan comme benchmarks. D’autre part, elle pourrait contribuer à élargir la base d’investisseurs étrangers en monnaie locale, réduisant à terme la dépendance au financement externe en devises.
À l’échelle globale, le marché de la dette locale des pays frontières représente désormais près de 1 000 milliards de dollars, selon des estimations de Neuberger Berman, soit un triplement en une décennie. Sur les huit dernières années, ce segment aurait même surperformé les indices obligataires émergents classiques, confortant l’idée que ces économies restent « sous-évaluées » par les marchés financiers internationaux.
Pour les institutions internationales comme la Banque mondiale ou le FMI, le développement des marchés obligataires en monnaie locale constitue un levier clé pour limiter les crises de la dette, souvent déclenchées par des chocs de change rendant insoutenable le service de la dette extérieure. Dans ce schéma, des pays comme le Maroc, dotés d’un cadre macroéconomique relativement stable et d’un marché financier plus mature que la moyenne des marchés frontières, pourraient tirer leur épingle du jeu.
JP Morgan n’a pas officiellement commenté ces informations, mais plusieurs gestionnaires estiment qu’une annonce formelle pourrait intervenir dès la fin mars, pour un lancement effectif de l’indice en 2026.
Source de l’article : Le Desk



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