Journée internationale de l’éducation: le Maroc face au défi de la révolution numérique

La Journée internationale de l’éducation, célébrée le 24 janvier, met en lumière les transformations profondes que connaît l’enseignement au Maroc, porté par la révolution numérique, l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique.

Cette évolution dépasse la simple transmission des savoirs: elle ouvre un espace où la technologie s’articule à la pédagogie, en plaçant l’apprenant au centre. Mais l’usage croissant de l’IA pour les devoirs et la recherche soulève aussi des questions de mérite et d’effort, surtout en l’absence d’un encadrement clair, avec le risque qu’un outil d’appui devienne un substitut.

Dans ce sens, Ridouane Bekhrou, enseignant au Lycée collégial Kassita (province de Driouche), alerte sur des usages « illégitimes » , notamment liés à la tricherie, et appelle à institutionnaliser l’intégration de l’IA afin d’en encadrer l’utilisation et de développer l’esprit critique.

Pour Abou Bakr, étudiant-chercheur à l’Université Mohammed V de Rabat, le pays doit aller plus loin en construisant un « modèle marocain d’IA éducative » afin de protéger les données sensibles et renforcer la souveraineté technologique. Il plaide aussi pour faire de l’IA une compétence transversale dans toutes les filières, en y intégrant le prompt engineering, encadré par une charte éthique.

Au-delà de l’aspect technologique, le psychologue clinicien Jaouad Akhloufi met en garde contre les risques d’une immersion non encadrée, pouvant affecter la distinction entre réel et virtuel et provoquer isolement, anxiété ou phobie sociale, d’où l’importance de règles adaptées aux capacités de chaque apprenant.

Source de l’article : Infomédiaire