« Je dors dehors depuis 20 ans » : le parcours d’Ahmed, Marocain perdu dans les rues de Barcelone
Dans le quartier du Clot, sous les arcades du parc Joana Tomàs, Ahmed tente de se protéger de l’humidité glaciale de la nuit barcelonaise. Arrivé de Tétouan il y a près de trente ans, il a passé les vingt dernières années sans toit, piégé par la spirale de la drogue. Son témoignage, recueilli lors d’une vaste « battue sociale » organisée par la Fondation Arrels, illustre une réalité de plus en plus sombre : la précarité s’installe durablement et massivement, rapporte El Mundo.
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Le bilan est alarmant : 1 982 personnes recensées dormant à la belle étoile, soit près de 600 de plus qu’en 2023. Le district de Sants-Montjuïc enregistre la plus forte augmentation (+134 %), devenant le nouvel épicentre de cette misère, suivi de l’Eixample et de Ciutat Vella. Ce phénomène de déplacement vers les marges de la ville et les zones industrielles témoigne d’une saturation des centres-villes et d’une invisibilisation croissante de ces populations.
Une crise aux multiples facettes et une réponse politique sous pression
Les causes de cette flambée sont multiples : marché du travail précarisé, crise du logement, mais aussi les difficultés liées à la régularisation des immigrés, comme le souligne Beatriz Fernández, directrice de la Fondation Arrels. En Catalogne, 1,3 million de personnes sont en situation d’exclusion sociale. Face à l’urgence, le maire Jaume Collboni (PSC) appelle à un « accord national » et pointe la saturation des services publics, estimant que 60 % des sans-abri n’ont pas accès aux équipements municipaux.
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Malgré un budget communal en hausse de 89 % sur dix ans (51 millions d’euros en 2025) et 2 800 places d’hébergement, le système craque de toutes parts. L’opposition, unie de Junts au PP en passant par ERC, a imposé un plan d’action d’urgence doté de 60 millions d’euros, dénonçant l’échec des politiques actuelles. En réponse, la municipalité a mis en place une « Table de la Ville » réunissant experts et associations pour tenter d’apporter des réponses coordonnées, tout en appelant le gouvernement régional de la Généralité à prendre ses responsabilités dans ce dossier qui dépasse désormais largement le cadre local.
Source de l’article : Bladi.net



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