Irlande: un médecin d’origine marocaine condamné à 8 ans de prison pour viol d’une infirmière

Irlande: un médecin d’origine marocaine condamné à 8 ans de prison pour viol d’une infirmière

Un tribunal irlandais a condamné à huit ans de prison le Dr Louay Kila, médecin d’origine marocaine âgé de 31 ans, reconnu coupable de viol et d’agression sexuelle sur une infirmière dans un appartement à Limerick, dans le sud-ouest de l’Irlande.

La victime, qui bénéficie de l’anonymat légal, a déclaré avoir « obtenu justice » après la condamnation de son agresseur, prononcée à l’issue d’un procès devant jury.

Selon les éléments présentés devant le tribunal, les faits se sont produits le 2 mars 2024 dans l’appartement d’un ami. Les deux protagonistes s’étaient rencontrés plus tôt dans un bar avant de se rendre séparément dans le logement où se trouvaient plusieurs personnes, selon la presse irlandaise.

La victime s’était ensuite endormie sur un canapé, sous l’effet de l’alcool. Le tribunal a établi que le médecin avait alors profité de sa vulnérabilité pour la violer, puis avait poursuivi l’agression même lorsqu’elle lui a demandé d’arrêter.

Au moment des faits, Louay Kila travaillait comme médecin-chef à l’hôpital universitaire de Limerick (University Hospital Limerick), où la victime exerçait également comme infirmière.

Un comportement « manipulateur » Lors du prononcé de la peine, le juge Sean Gillane a estimé que l’accusé avait « délibérément exploité la vulnérabilité de la victime » , soulignant que son niveau de responsabilité était particulièrement élevé compte tenu de sa profession et du fait qu’il travaillait dans le même établissement que la victime, rapporte The Irish Times.

Le tribunal a également relevé plusieurs comportements aggravants. Notamment, le médecin avait envoyé une photo de lui embrassant la victime sur la joue alors qu’elle dormait au compagnon de celle-ci via les réseaux sociaux. Selon le juge, cet acte constituait « une humiliation délibérée » et un élément aggravant majeur dans cette affaire.

Le tribunal a aussi appris que, en quittant l’appartement, l’accusé avait saisi la victime par la mâchoire et tenté de l’embrasser de force.

Une stratégie de défense rejetée

Louay Kila avait nié les accusations, affirmant devant la police irlandaise que les gestes entre lui et la victime étaient consentis et que celle-ci aurait inventé les faits par crainte que son petit ami découvre qu’elle l’avait embrassé. Le juge a estimé que ces affirmations étaient infondées et que le jury les avait « légitimement rejetées » .

Selon Raidió Teilifís Éireann (RTÉ), le tribunal a initialement fixé la peine pour viol à neuf ans et demi de prison, réduite à huit ans après prise en compte de certains éléments. Pour l’agression sexuelle, le médecin a également été condamné à quatre ans de prison, peine qui sera purgée conjointement avec la condamnation principale toujours selon le média public.

Louay Kila a par ailleurs été inscrit au registre des délinquants sexuels.

Le système de santé irlandais critiqué

Dans un communiqué publié après la condamnation, la Health Service Executive (HSE), l’organisme public chargé du système de santé irlandais, a reconnu un manquement administratif. L’institution a admis que le médecin aurait dû être suspendu immédiatement de ses fonctions cliniques dès que les faits ont été signalés.

Le HSE a précisé que cette situation « ne reflète pas les pratiques et politiques actuelles » et a néanmoins assuré que des mesures avaient été prises pour protéger la victime après le signalement.

Le médecin n’a finalement été suspendu volontairement du registre médical irlandais qu’en mars 2025, soit un an après les faits.

Le courage de la victime salué

Dans sa déclaration devant la cour, la victime a affirmé qu’elle espérait que son témoignage encouragerait d’autres femmes à dénoncer les violences sexuelles.

Elle a également confié qu’après l’agression, elle avait eu beaucoup de difficultés à retourner travailler à l’hôpital, d’autant plus que l’accusé avait continué à exercer pendant un certain temps.

Plusieurs organisations, dont le Dublin Rape Crisis Centre, ont salué le courage de la victime et critiqué le fait que le médecin ait pu continuer à travailler pendant l’enquête, estimant qu’une suspension immédiate aurait dû être décidée.

Source de l’article : h24info.ma

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