Industrie automobile : le Maroc s’impose comme deuxième pôle d’investissement dans la zone MENA en 2025

Des opérateurs de l’usine Renault de Tanger. Crédit : AFP

En 2025, le Maroc confirme sa place centrale dans la recomposition industrielle régionale. Selon un rapport trimestriel publié par BMI, filiale du groupe Fitch Solutions, le Royaume s’est hissé au deuxième rang dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) en matière de nouveaux projets d’investissement dans l’industrie automobile, juste derrière l’Égypte. Une performance qui illustre la solidité du positionnement marocain dans les chaînes de valeur automobiles mondiales, à l’heure où les industriels redéploient leurs capacités de production.

Le rapport, consacré au bilan des investissements automobiles enregistrés sur l’année 2025, met en évidence une dynamique régionale marquée par la relocalisation partielle des activités industrielles, la recherche de plateformes compétitives proches des marchés européens et la montée en puissance des segments liés à l’électrification et aux composants à plus forte valeur ajoutée. Dans ce contexte, le Maroc apparaît comme l’un des principaux bénéficiaires de cette reconfiguration, en capitalisant sur un écosystème déjà structuré, une base industrielle intégrée et un cadre d’investissement jugé attractif par les acteurs internationaux.

D’après les analyses de BMI, le Royaume concentre une part significative des nouveaux projets automobiles annoncés dans la région MENA en 2025, confirmant une trajectoire entamée depuis plusieurs années. Le rapport souligne que ces investissements couvrent l’ensemble de la chaîne de valeur, allant de l’assemblage de véhicules à la fabrication de composants, en passant par les systèmes de câblage, les intérieurs automobiles et, de plus en plus, les technologies liées aux véhicules électriques. Cette diversification sectorielle renforce la résilience du modèle marocain face aux cycles de l’industrie mondiale.

BMI insiste également sur le rôle déterminant de la stratégie industrielle marocaine, fondée sur la montée en gamme progressive des capacités locales et sur l’intégration croissante des fournisseurs de rang 2 et 3. Le Maroc bénéficie ainsi d’un effet d’agglomération, notamment autour des pôles industriels de Tanger et de Kénitra, qui continuent d’attirer des investissements orientés vers l’exportation, principalement à destination de l’Europe. La proximité géographique, combinée à des accords commerciaux préférentiels, constitue un avantage comparatif majeur dans un environnement international de plus en plus fragmenté.

Si l’Égypte conserve la première place régionale en volume de projets, portée par la taille de son marché domestique et par une politique de substitution aux importations, le rapport souligne que le Maroc se distingue par la cohérence de son modèle exportateur et par la stabilité de son cadre réglementaire. Cette combinaison explique, selon BMI, la capacité du Royaume à capter des investissements à long terme, malgré un contexte mondial marqué par l’incertitude géopolitique et la volatilité des chaînes d’approvisionnement.

En filigrane, le rapport de BMI met en lumière un basculement stratégique : l’industrie automobile dans la région MENA n’est plus uniquement perçue comme un relais de production à bas coûts, mais comme un levier de compétitivité industrielle et technologique. Dans cette dynamique, le Maroc apparaît désormais comme un hub régional mature, capable d’accompagner les mutations du secteur, notamment celles liées à l’électrification, à la digitalisation des processus industriels et aux exigences accrues en matière de durabilité.

En se positionnant comme deuxième pôle d’investissement automobile de la région en 2025, le Royaume consolide ainsi un acquis stratégique majeur. Pour BMI, cette trajectoire conforte le rôle du Maroc comme plateforme industrielle clé entre l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient, et laisse entrevoir une poursuite de la dynamique d’investissement à moyen terme, à condition de maintenir l’effort sur la formation, l’innovation et l’intégration locale.

Source de l’article : Le Desk