« Il est épuisé, malade, livré à lui-même » : le sort d’un humanitaire belge détenu pour d’obscures raisons en Macédoine du Nord inquiète ses proches

Il y a 34 ans, Mounir Iben Lakhal prenait perpète à Bruxelles: interviewé à Tanger, le « tueur des vieilles dames » gagne sa vie dans un call center!

Depuis, ses conditions de détention à la prison d’Idrizovo à Skopje se dégradent. Le quarantenaire souffre de malnutrition et subirait des violences physiques. Sa famille a lancé une campagne de soutien pour obtenir son transfert vers la Belgique. Le transfert avait été entièrement approuvé pour le 9 septembre 2025 avant d’être bloqué sans explication quelques semaines avant la date prévue.

Sur des photos, l’on peut constater l’état déplorable de sa cellule humide, sale, décrépite dans laquelle on lui donne de la nourriture infecte. Lars De Smet avait d’abord été incarcéré dans la prison de Shutka avant d’être transféré en mai 2022 à la prison d’Idrizovo. Les deux établissements sont décrits dans des rapports officiels comme « inhumains » et « structurellement négligés » . « Surpopulation extrême, corruption, violence, zéro soins médicaux, et négligence psychologique totale. Ce n’est pas vivre. C’est survivre » , regrette Roland, son papa.

Selon ses proches, les départements de la Justice et des Affaires étrangères continuent de se renvoyer la balle et le dossier semble bloqué. Pendant ce temps, la santé de Lars se dégrade. Son père appelle à l’aide et veut sensibiliser l’opinion publique.

Les filles de Pierre Pelseneer lancent un appel pour le retrouver: « Comment retrouver papa disparu avec son vélo, en 2023? » « Lars a toujours voulu aider les autres, en tant qu’accompagnateur de familles vulnérables. Cet engagement l’a mené en Macédoine du Nord, où il était en vacances, dans une situation qui a été mal évaluée et a conduit à son arrestation et sa condamnation, après quoi il est détenu dans des conditions indignes. Son transfert vers la Belgique avait été entièrement approuvé, jusqu’à ce que tout soit soudainement arrêté sans aucune explication. Depuis, sa vie est à l’arrêt. Il est épuisé, malade et complètement livré à lui-même » , fustige Roland. « Sa santé se détériore : une malformation cardiaque congénitale, neurofibromatose, atteinte pulmonaire grave, risque accru de cancer colorectal, lésions neurologiques après un AVC cérébral, TDAH et lourde vulnérabilité psychique due à des années de détention. Aucune de ces pathologies ne reçoit ne serait-ce qu’un jour de suivi médical. Au sein de la prison, Lars ne reçoit aucune communication officielle. Il vit dans l’incertitude et dépend d’informations fragmentées via son avocat et le consulat » , poursuit-il.

Un contact direct avec le tribunal de Skopje

Cette situation a été abordée en commission Justice de la Chambre. Dans sa réponse, la ministre Annelies Verlinden assure être en contact avec le ministre de la Justice de Macédoine du Nord pour essayer de trouver une solution. « Je me préoccupe du sort de chaque ressortissant détenu dans une prison étrangère. Nous sommes souvent en contact avec la famille pour tenter de faire avancer le dossier. L’assistance consulaire sur place relève de la compétence du SPF Affaires étrangères. Depuis octobre 2023, le département de la Justice suit également ce dossier de près. L’Autorité centrale du SPF Justice est en contact direct avec le ministre de la Justice de Macédoine du Nord et avec le tribunal de Skopje qui a prononcé la condamnation » , explique-t-elle.

Désormais, le flou le plus total subsiste quant à une éventuelle mesure de libération. « Il a été décidé que Lars serait transféré en Belgique le 9 septembre 2025, mais, le 7 août 2025, les autorités de la Macédoine du Nord nous ont informés de leur décision souveraine : elles ne donneront finalement pas leur accord en vue du transfèrement. J’ignore quand la Macédoine du Nord reviendra sur sa décision. Les services concernés et le cabinet continuent de suivre ce dossier de près, dans le but d’obtenir rapidement des éclaircissements » , conclut Annelies Verlinden.

Source de l’article : DHnet