Ifrane, la perle oubliée
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Ecrit par Imane Bouhrara I
Féérique Ifrane vêtue de sa robe blanche. La petite Suisse du Maroc retrouve ainsi un aspect magique digne des contes de fée. Oui, il a bien neigé et continue de neiger sur Ifrane et région, un plaisir qu’on a failli oublier avec le temps.
Une région paisible nichée au cœur du Moyen-Atlas où le temps semble être figé dans le bon comme dans le mauvais sens.
Une petite ville paisible à l’architecture bien singulière et aux habitants simples et aimables, ancrée dans un site naturel sublime. Des atouts naturels et humains qui n’ont rien à envier à certaines stations de ski en Europe.
Mais sur le plan infrastructures, il y a beaucoup à faire sinon, tout est à faire.
Hormis les atouts naturels, quelques structures hôtelières et d’accueil, des routes retapées, et de l’hospitalité légendaire des gens de l’Atlas, cette ville qui devrait être hissée au rang d’une grande destination touristique nationale ne semble jouir d’aucun intérêt des autorités en charge du tourisme et de loisirs. Pourtant, le tourisme est une manne pour dynamiser la vie économique de la région et créer des emplois pour les jeunes dont certains ont préféré migrer aux villes limitrophes.
Une visite récente dans la ville est suffisante pour se rendre compte de l’absence d’une quelconque dynamique touristique et culturelle. Les visiteurs se retrouvent à faire la même chose qu’il y a 20 ou 40 ans. S’amuser avec la neige et prendre des photos souvenir avec le lion sculpté par Henri Jean Moreau en 1930, au mieux faire une balade dans le petit train touristique d’Ifrane.
Pas de kiosque d’information pour les visiteurs ni flyers informant des événements culturels dans la ville ni même d’indication d’un quelconque marché de l’artisanat… S’il y en a, ce dont je doute fort, ils ne sont pas en tout cas visibles.
Pis encore certains hauts lieux touristiques se sont même dégradés, le cas de la cédraie d’Azrou et célèbre Cèdre de Gouraud, un site magnifique tombé en décrépitude. Une sorte de parking improvisé et délabré, des déchets partout, des attrapes touristes… et des jeunes et moins jeunes qui essayent de gagner quelques dirhams face à des visiteurs de plus en plus rares. Là encore aucune structure d’accueil digne de ce nom, alors qu’il suffit de peu comme ce que proposent les stations-services sur les autoroutes : où s’arrêter pour souffler, manger, acheter une bouteille d’eau, prier, jouer et des sanitaires.
Même chose du côté de Jbel Hebri qui présente un domaine de ski qui mérite d’être développé. Ne parlons même pas de Bensmime et Dayet Aoua.
Guère mieux pour la station de Michlifen ou ce qu’il en reste, dépouillée de son téléski et ne disposant d’aucune infrastructure pour accueillir les visiteurs de passage ou les amateurs de ski et de luges pourtant un site d’une beauté à couper le souffle et des gens qui improvisent pour rendre la visite agréable. Et des gendarmes avenants qui en plus de veiller sur la sécurité, font office de guides.
Heureusement qu’il existe dans la région des gites et des auberges qui donnent à la visite de cette ville et région un cachet authentique, à sauvegarder certes mais à moderniser au même rythme que les autres villes touristiques.
Avec son microclimat Ifrane et région qui accueille de ce fait l’Académie internationale Mohammed VI qui forme les athlètes de haut niveau présente somme toute un atout touristique de taille inexploité voire oublié ! Et c’est bien dommage de passer à côté d’un tel joyau qui n’a besoin que d’un petit coup de pouce.
Source de l’article : EcoActu.ma



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