Hôpital Ibn Baja de Taza : Lourdes condamnations pour détournement de matériel médical

La Chambre criminelle spécialisée de Fès a rendu son verdict dans une affaire de détournement de matériel médical public à l’hôpital Ibn Baja de Taza. Douze prévenus, dont des responsables hospitaliers, ont été condamnés, marquant un signal judiciaire fort contre la corruption dans le secteur de la santé au Maroc.

Le verdict est tombé ce mercredi 24 décembre à Fès. La Chambre criminelle spécialisée dans les crimes financiers a statué sur une affaire de malversation, impliquant le détournement de matériel médical public perpétré au détriment de l’hôpital provincial Ibn Baja de Taza. Cette décision de justice marque une étape décisive dans la lutte contre la corruption au sein des institutions sanitaires marocaines.

Comme le révèle le quotidien Al Akhbar dans son édition du 25 décembre, la cour a prononcé des sanctions sévères à l’encontre des douze prévenus. Parmi eux figuraient l’ancien directeur de l’établissement, des praticiens et des fonctionnaires. Outre des peines d’emprisonnement, assorties de sursis pour certains, le tribunal a ordonné la confiscation des avoirs et des biens acquis par les membres de ce réseau. Ces jugements font suite à des condamnations antérieures en première instance, confirmées en appel, qui avaient déjà prononcé des peines fermes allant jusqu’à quatre années de réclusion, notamment pour l’ex-directeur et un agent administratif.

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L’origine de cette affaire réside dans une investigation minutieuse menée par la Brigade régionale de la police judiciaire de Fès, alertée par des renseignements émanant de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST). L’enquête avait mis au jour un stratagème frauduleux : la manipulation de documents administratifs pour déclasser du matériel médical parfaitement opérationnel, le présentant fallacieusement comme obsolète. Ces équipements étaient ensuite cédés à vil prix à des entités privées, incluant des cliniques et un centre de dialyse, par le biais d’un système d’intermédiation orchestré par la direction hospitalière. Des allégations de chantage exercé sur les adjudicataires de marchés publics ont également été soulevées.

Les perquisitions effectuées aux domiciles des mis en cause et dans leurs cliniques ont permis de recouvrer une quantité importante d’actifs détournés : des dizaines d’appareils médicaux, des lits, des systèmes de climatisation et du matériel informatique. Poursuivis pour dilapidation de deniers publics, abus de confiance, trafic d’influence et corruption, les accusés voient ainsi leurs agissements sanctionnés, réaffirmant l’impératif de probité dans la gestion des ressources publiques.

Source de l’article : Maroc Diplomatique