Histoire. Jane Dieulafoy : voici l’incroyable destin d’une aventurière toulousaine
Au numéro trois de la rue Joutx-Aigues, dans le quartier des Carmes, on peut y lire une plaque commémorative : « Ici est née le 29 juin 1851 Jeanne Magre, connue comme Jane Dieulafoy, épouse de Marcel Dieulafoy, archéologue, auteur de fouilles en Perse et au Maroc exposées au musée du Louvre, auteur de romans et de récits de voyages, créatrice en 1904 d’un prix littéraire féminin » . Une aventurière longtemps oubliée des mémoires, réhabilitée en 2020 par Audrey Marty, autrice d’une biographie remarquée Le fabuleux destin de Jane Dieulafoy (Papillon Rouge Éditeur).
Jeune anticonformiste
Une des rares femmes de son époque qui n’a jamais eu peur de transgresser les règles du milieu bourgeois dont elle était issue.
Dès l’enfance, la petite Jeanne se fait remarquer par un caractère bien affirmé. Elle délaisse le port de la robe au profit du pantalon et monte souvent à cheval dans le domaine familial de Langlade, à Pompertuzat, au sud de Toulouse. Intrépide et passionnée de voyages, elle tombe sous le charme de Marcel Dieulafoy, un polytechnicien toulousain passionné d’archéologie, et l’épouse.
Lorsqu’éclate la guerre de 1870, elle décide de l’accompagner et de se grimer en homme. Elle se distingue avec des camarades d’un corps de cavalerie en sauvant un bataillon qui allait être capturé par les Prussiens. Le conflit terminé, le couple retourne vivre dans la Ville rose mais s’y ennuie.
De l’aventure persane au Maroc
À partir de 1881, Jane et Marcel mettent à plusieurs reprises le cap sur la Perse. Ils y affrontent pillards et tempêtes, photographient des monuments millénaires, et mettent au jour la fameuse Frise des Archers, chef-d’œuvre en briques polychromes qui orne encore aujourd’hui les murs du Louvre.
Jane publie divers ouvrages issus de ses expéditions : La Perse, la Chaldée, la Susiane, puis À Suse, journal des fouilles. En 1890, Payratis, son premier roman consacré à l’épouse intrigante de Darius II, connaît un succès fulgurant. Couronné par le prix Jules-Favre (ancien prix créé par l’Académie française, décerné tous les deux ans à une œuvre littéraire faite par une femme, NDLR), il est adapté par le compositeur Camille Saint-Saëns en opéra.
Élue à l’Académie des inscriptions et belles-lettres, elle préside le premier jury de La Vie heureuse (l’ancêtre du prix Femina) et tient régulièrement une rubrique de politique étrangère dans les colonnes du Figaro et du Temps (l’ancêtre du Monde).
En 1914, au début de la Première Guerre mondiale, elle suit à nouveau son mari affecté à Rabat en tant que colonel du génie. Elle dirige les fouilles de la mosquée du sultan Hassan sur le site Yakub-el-Mansur et crée un dispensaire où elle contracte une dysenterie. Rapatriée d’urgence, elle s’éteint chez elle à Pompertuzat, le 25 mai 1916.
Mathieu ARNAL
Source de l’article : Actu.fr



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