Hervé Renard, hommages et émotion

Il n’y a pas eu de miracle pour la Zambie au Maroc. Placés dans le même groupe que le pays organisateur, les Chipolopolos ont quitté la compétition dès la première phase. Après un match nul prometteur contre le Mali (1-1), les Zambiens ont en effet buté sur les Comores (0-0) avant de sombrer contre le Maroc (3-0).

La Zambie n’a plus goûté à une phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations depuis 2012. Cette année-là, les Chipolopolos avaient créé ce qui constitue toujours la plus grosse surprise de l’histoire de la CAN en remportant le trophée après avoir dominé la Côte d’Ivoire en finale après une irrespirable séance de tirs au but (0-0, 8 tab à 7). La légende d’Hervé Renard était née.

A la tête de la sélection zambienne, celui qui allait récidiver trois ans plus tard avec la Côte d’Ivoire est devenu une icone à Lusaka et dans tout le pays. « Personne n’avait apporté ça à notre pays : la Zambie et Renard sont indissociablement liés. Il a amené la fierté au pays, mis le pays sur la carte. Il avait ce charisme. Si vous le mettez dans la rue, aujourd’hui, il y a un attroupement de folie en quelques minutes. Des fois, je me demande, mais cet homme, qui est-il ? » , dira de lui Honour Janza, son ancien adjoint, dans les colonnes de L’Equipe.

Ancien manager des Chipolopolos, Lusekelo Kamwambi est tout aussi dithyrambique. « C’est l’un des nôtres, il a même plus cru en la réussite de la Zambie que bien des Zambiens » , a-t-il lancé, ajoutant : « C’était très fort pour tout le monde et Hervé était au centre de notre histoire. Il était, en fait, plus passionné par la Zambie que les Zambiens eux-mêmes. » « C’est un grand coach, un grand être humain » Ses joueurs ont été tout autant marqués par l’ancien Cannois. « Il a tout en lui, a confié à son sujet Isaac Chansa, l’ancien milieu de terrain. Sur le terrain, on ne rigole pas, il ne faut pas être en retard, il te crie dessus, mais il avait ce côté passionné, émotionnel, cette voix… C’est un grand coach, un grand être humain qui nous a fait si souvent rire. Il a quelque chose en lui qui change la personnalité des joueurs. Regardez comment on le soulève après la victoire. Il n’y avait pas de calculs là-dedans. » Mais l’hommage le plus étonnant est sans doute celui de Clifford Mulenga. Car l’attaquant zambien sera exclu du groupe des Chipolopolos à l’issue de la phase de groupe pour des raisons disciplinaires. Un acte fort dont le natif de Kabompo ne lui tient pas rigueur, bien au contraire. « Sur le coup, je lui en ai voulu, mais sans mon départ, auraient-ils été champions ? Il a construit un esprit d’équipe. On jouait pour nous et pour lui. Il nous a fait croire qu’on pouvait y arriver, a-t-il affirmé. On parle encore très souvent de lui. Hervé a eu un impact sur nos vies et quand un homme arrive à avoir ça, vous vous rendez compte à quel point il est grand. »

Source de l’article : Sports.fr